Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /2009 18:56

 En ce dernier mercredi du mois d’octobre, nous sommes partis pour une belle randonnée automnale depuis Steinbach (425 m) jusqu’au sommet du Molkenrain (1125 m) dans les Vosges septentrionales. C’est une région que je connais très bien car je m’y suis souvent entrainé lorsque je pratiquais la course à pied. La vallée de Steinbach est sauvage et bien préservée. C’est pourquoi j’ai voulu la faire découvrir à mon cousin Jean-Pierre.

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Lorsque nous quittons Balschwiller, le thermomètre affiche 3°. La campagne est enveloppée d’un léger voile de brume qui s’estompe au fur et à mesure que nous approchons des Vosges.

 

Lorsque nous pénétrons dans la vallée de Steinbach, l’imposant massif du Molkenrain se dresse devant nous, paré comme une vieille coquette, orné de feuillages pourpres ou mordorés, déployant ses rondeurs de l’Amselkopf au Herrenflüh. La nature semble gorgée de soleil. La journée s’annonce belle.    

 

Nous garons notre voiture sur le parking de la clairière du Silberthal située au-dessus du village de Steinbach. C’est une clairière ludique où sont organisées de nombreuses manifestations à la belle saison.

 

Il est 9 heures lorsque nous nous mettons en marche. C’est parti pour un nouvel exercice de ressourcement.

 

Nous gravissons l'étroit sentier qui part à gauche du vallon. Il nous mène en quelques lacets à la petite Chapelle Ste Thérèse. C’est une chapelle discrète en rondins de sapins et de bouleaux avec du bel ouvrage de ferblanterie. Elle a été construite au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale par des jeunes gens du village rescapés du conflit, pour perpétuer le souvenir des camarades qui n'ont pas eu la chance de rentrer dans leur foyer. L’intérieur abrite un autel avec une statue de Ste Thérèse. Il m'a été dit que jadis on avait une belle vue sur le village depuis cet endroit. Aujourd'hui les arbres ont grandi et entourent le petit sanctuaire.

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Notre chemin continue à grimper sur la droite de la petite chapelle, pour rejoindre un peu plus haut un large chemin forestier que nous suivons en remontant sur notre gauche. Il nous conduit au col de l’Amselkopf (alt. 557m).

Il y avait jadis plusieurs mines sur les pentes de cette montagne. L’une d’entre elles approvisionnait les fonderies de Giromagny jusqu’en 1716. Puis la fin de leur exploitation a été décrétée. Les Allemands ont tenté une nouvelle exploitation à la fin du XIXème siècle. Elle a été arrêtée définitivement en 1902.


Nous prenons à droite et longeons le flanc est du Herrenstubenkopf (alt. 776 m).

Nous aboutissons à un chemin forestier que nous traversons pour monter par un sentier en lacets qui, après avoir bifurqué à gauche, nous conduit à un sentier en balcon qui remonte l’étroit vallon. C’est un sentier panoramique depuis lequel nous pouvons entrevoir la suite de notre parcours jusqu’au sommet du Molkenrain. Nous avons notamment une belle vue sur son flanc sud que nous gravirons tout à l’heure.

 

C’est l’occasion pour moi de citer à mon compagnon un ardent défenseur de la marche :

«  Les idées noires viennent par les oreilles et s'en vont par les pieds  »    (Henri-Frédéric Blanc)                              

Un vététiste nous dépasse. Il a l’air d’être bien entrainé car il gravit la pente sans difficulté. Nous échangeons un salut amical. Un peu plus haut nous quittons notre chemin pour en rejoindre un autre, plus étroit et plus raide, qui longe le versant ouest du Herrenstubenkopf. A travers les arbres, une belle échappée sur la vallée de Thann s’offre à nous.

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De là nous aboutissons rapidement au Pastetenplatz (alt. 790 m) qui est un carrefour de plusieurs chemins.

Deux petits bancs invitent à la pause. Nous n’y poserons pas nos séants car ils sont à l’ombre et mouillés. Nous préférons poursuivre notre chemin. Nous continuons tout droit en suivant le chemin qui monte.

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Un peu plus loin il tourne sur la droite longeant le Baecherkopf. 
Au bout de deux kilomètres, nous prenons à gauche le chemin très raide qui monte au Camp Turenne.


Arrivés au Baecherkopf, nous trouvons un petit chalet en bois aménagé par l’ONF (alt. 858 m). Des jeunes de Wattwiller y ont passé la nuit. Au vu des nombreuses bouteilles d’alcools vides on peut aisément imaginer que la nuit a été agitée. Espérons qu’ils laisseront les lieux en parfait état de propreté après leur départ ! 

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Nous reprenons notre progression sur un chemin à altitude à peu près constante qui nous conduit au Camp Turenne ou Thomannsplatz (alt. 909 m).


Le Camp Turenne ou Thomannsplatz fut une étape importante pour les troupes françaises en route vers le Vieil Armand (Hartmannswillerkopf) durant la guerre de 1914/1918. Il abritait un hôpital de campagne ainsi qu’un petit cimetière. Une stèle a été érigée à la mémoire des soldats morts en ce lieu.

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Nous sommes une fois encore à la croisée des chemins.
Une table et des bancs semblent là encore attendre les randonneurs. Non loin de là se trouve le Rocher d’Ostein. C’est un bel observatoire d’où l’on a une vue plongeante sur la ferme auberge d’Ostein et sur les sommets environnants. Malheureusement, des travaux forestiers nous en interdisent l’accès. Ce sera pour une autre fois.


Nous continuons sur la droite, en empruntant le sentier qui monte au Molkenrain.
C’est un sentier de montagne tel que nous les aimons, étroit, parsemé de rochers, et pentu. Jean-Pierre m’emboite le pas.


Nous parvenons à un beau point de vue coiffé d’un cairn. C’est le moment de s’arrêter un peu pour  admirer le vaste panorama qui s’offre à nos yeux ébahis : la plaine du Rhin, le Sundgau, la Porte de Bourgogne, les monts du Jura bâlois, alsacien, bernois et neuchâtelois derrière lesquels se dressent les dentelles de l’immense et merveilleuse chaîne des Alpes, du Säntis au Mont Blanc, sur 250 km de long. Nous sortons les jumelles. On a l’impression de pouvoir toucher toutes cette multitude de formes blanches, mystérieuses et majestueuses, rangées sur le fond de la scène. Ils sont tous là, comme une armée en marche. Je désigne à mon ami le Finsteraarhorn qui pointe son index vers le ciel, comme un doigt qui vous fait la leçon. Sur sa droite, l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau. Le spectacle est magique, presque irréel. Il nous est difficile de détacher nos yeux de cette féérie. On resterait là pendant des heures, plongé dans un grand recueillement.

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Sur la droite, nous apercevons l’autre versant de la vallée de Steinbach où nous étions un peu plus tôt. Nous pouvons ainsi mesurer le chemin parcouru. C’est comme les aiguilles d’une montre : ce n’est qu’au bout de quelques temps qu’on s’aperçoit du chemin qu’elles ont fait.

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Il nous faut repartir, monter plus haut. Nous débouchons sur un chemin forestier que nous traversons pour poursuivre notre ascension. Nous passons à côté d’un petit banc depuis lequel on avait, il y a quelques années encore, une belle vue sur Cernay et ses environs. Aujourd’hui les arbres ont grandi et la vue est bouchée. Bientôt nous arrivons sur les chaumes (alt.1084m). Nous passons à côté du refuge des Amis de la Nature. Il a fait récemment l'objet de travaux d'agrandissement et d'isolation. C'est du beau travail.  


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Nous rejoignons le sentier qui suit la crête pour aboutir au sommet du Molkenrain (alt.1125m).
Un panorama à 360° nous y attend. Nous goûtons et nous nous délectons d’un sentiment de liberté. Au nord, le Grand Ballon ( alt. 1424 m), point culminant des Vosges.

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A l'arrière plan, le Petit Ballon dresse son crâne dégarni par dessus l'épaule de son grand frère.

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Vers le nord, la vue s'étend au-delà des vallées de Guebwiller et de Munster jusqu'au massif du Taenchel.

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Sur notre droite, en contrebas, nous apercevons le village de Jungholtz qui garde l'accès à la vallée de Rimbachzell séparée de celle de Guebwiller par le Grossberg. Un gros point blanc sur le flanc de la colline attire notre attention : c'est la maison de repos Ste Anne. Derrière, on distingue la ville de Soultz à l'entrée de la vallée de Guebwiller.

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« Marcher jusqu'au sommet de la montagne, c'est découvrir la lumière, c'est aussi faire l'expérience de l'humilité quand, d'en haut, nous apercevons le paysage infiniment petit, tout en bas. » (Pierre-Yves Brissiaud, Marche et méditation).

Nous nous installons un peu en contrebas du sommet pour nous restaurer. Nous ne pouvions rêver de plus belle salle à manger.

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A nos pieds, le Hartmannswillerkopf rebaptisé Vieil Armand par les poilus durant la Première Guerre Mondiale. Nous nous souvenons que ce promontoire qui s’avance vers la plaine d’Alsace a été le théâtre d’affrontements particulièrement meurtriers entre français et allemands. En le voyant ainsi on comprend aisément sa position stratégique et l’enjeu qu’il représentait pour les belligérants.Après avoir repris des forces, nous nous remettons en marche en direction du nord. Nous suivons la ligne de crête jusqu'à un petit col.

Là nous bifurquons à gauche pour descendre en direction du Freundstein. La pente est raide. Nous nous retrouvons dans une combe à 1 021m d’altitude.

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Tel un vaisseau au mileu de l'océan, un arbre solitaire se dresse au milieu des chaumes.

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Il y a dans le paysage qui nous entoure, une poésie qui se voit et qui se sent.

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Nous arrivons à la Ferme Auberge du Freundstein (alt. 903 m).
 

De l’autre côté de la plaine du Rhin, la couleur sombre de la Forêt Noire. Nous nous remémorons notre randonnée sur le Westweg du Feldberg au Blauen en passant par le Belchen.


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Jean-Pierre propose que nous nous y arrêtions pour boire une bonne bière. Ce n’est pas de refus, d’autant plus que la terrasse est bien ensoleillée. Nous y serons bien. Nous voilà donc bien installés devant une bière pression dont nous nous délectons (il faut dire qu’elle est très bonne). Je décide de l’accompagner d’un morceau de fougasse qui me reste. J’en propose un morceau à Jean Pierre, mais il n’a plus faim. Tant pis, je vais me la faire tout seul…enfin presque, puisqu'un hardi bouvier bernois s’invite à notre table.

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Nous sympathisons très vite au point de devenir deux bons copains (un peu encombrant le copain à quatre pattes, vous ne trouvez pas ?). Désolé, mais il faut qu’on se quitte mon vieux. A la prochaine ! Je t’enverrai des nouvelles via mon blog.

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Nous mettons le cap sur le Camp Turenne où nous étions tout à l’heure en longeant le versant ouest du Molkenrain.

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Nous marchons dans une belle forêt. Les arbres rendent à la terre les feuilles que l’été leur a prêtées.

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Sur la fin le sentier devient rocailleux. A certain endroits, il est équipé d'un garde corps en bois. Il faut faire attention on l’on pose le pied (n’est-ce-pas Jean-Pierre !). 


Nous nous retrouvons au Camp Turenne où nous prenons un petit sentier escarpé qui descend en zigzag dans le vallon. Ce sentier s’appelle le « Jägerpfad » (le sentier des chasseurs). Nous perdons rapidement de l’altitude. Jean-Pierre n'en revient pas quand je lui dit que je suis souvent monté par là en courant avec ma chienne Patty.


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Nous atteignons un chemin forestier. Au loin résonne le chant des tronçonneuses (cela ressemble plus à une plainte qu’à un chant). La forêt déploie ses splendeurs. Le tapis de feuilles mortes sur lequel nous marchons, nous rappelle que les splendeurs de l’automne sont éphémères. L’hiver est proche.

« L'automne est le printemps de l'hiver » (Henri de Toulouse - Lautrec)
           

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A la vue de toute cette palette de couleurs, on a l’impression de voir un tableau. C’est un festival de couleurs qui s’additionnent les unes aux autres
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«  Le premier mérite d'un tableau est d'être une une fête pour l'oeil »   (Eugène Delacroix)

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Un peu plus loin nous prenons un petit sentier qui descend en lacets aux cascades de l’Erzenbach. Après être descendu par une échelle métallique, nous traversons un petit pont qui enjambe le ravin dans lequel ne coule malheureusement qu’un modeste filet d’eau. Cela nous interpelle. Il est vrai qu’il n’a pas plus depuis longtemps.

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Puis nous gravissons le sentier pentu qui remonte en face. Nous le suivons pour déboucher sur le  chemin forestier qui vient du Camp Turenne. Nous croisons trois vététistes à la tenue bigarrée qui grimpent non sans peine vers le Camp Turenne. En guise d’encouragement, nous poussons un peu le dernier (allez hop). En contrepartie il nous gratifie d’un large sourire.


Un tracteur tirant une remorque pleine de bois arrive. La descente est délicate et demande beaucoup de prudence et de dextérité de la part du conducteur. Nous quittons donc le chemin forestier et lui préférons un petit sentier plus paisible situé en contrebas et qui passe près d’une ancienne mine et d’une ancienne digue. Nous retrouvons le chemin forestier un peu plus loin et le suivons jusqu’à la clairière du Silberthal.


Il est 15h 20 lorsque nous retrouvons notre voiture.

Aujourd’hui encore, tout au long de notre randonnée, nous avons parlé de tout et de rien, du quotidien, de ce qui pour nous est essentiel. Mais surtout, nous avons partagé les moments d’émerveillement que la nature nous a procurés. C’est une question de regard. Le paysage est acteur, producteur d’émotions pour celui qui est au diapason de la nature qui l’entoure.

 

 

 


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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 20:02

Pour cette nouvelle randonnée hebdomadaire, j’ai proposé à mon cousin Jean-Pierre de lui faire découvrir le Ban de la Roche dans la vallée de la Bruche.

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IMGP0509bisLe Ban de la  Roche est situé dans le département du Bas-Rhin, plus précisément dans le canton de Schirmeck. Il est constitué de deux vallées parallèles : la vallée de la Rothaine et la vallée de la Schirgoutte, séparées par le Col de la Perheux. C’est une région de plateaux s’élevant en étages.  

« Ban de la Roche » est le nom d'une ancienne seigneurie devenue par la suite comté, dont le siège administratif était le château de la Roche puis celui de Rothau. Le nom français de « Ban de la Roche » est de création récente (du XVIII siècle). L’ancien terme officiel était « Steintal », ce qui peut se traduire par : la vallée au château (Stein = château et non pierre ou roche). Le mot Ban est synonyme de Burgbahn, la banlieue, étendue territoriale formant la seigneurie et administrée depuis le château de Stein.


L’homme qui a marqué cette région est un pasteur alsacien : Jean Frédéric Oberlin (1740-1826). Il a contribué à améliorer le bien-être de la population misérable de ce canton. Profondément attaché aux valeurs humanistes, au respect d’autrui et à la responsabilité, il n’a cessé de promouvoir le progrès social à travers la transmission des savoirs. Son action modifia durablement la situation et la destinée de ces lieux et populations.


Le point de départ de notre randonnée se situe à Solbach à 656 mètres d’altitude. Nous garons notre voiture sous deux superbes tilleuls flanqués d’un petit banc.

Il est 9 h 45 lorsque nous nous mettons en marche. Le ciel est nuageux et il fait frais. La veste polaire et le bonnet de laine ne sont pas un luxe.

Nous montons en direction du Col de la Perheux. Un chemin de terre monte doucement ce qui nous permet de nous échauffer. Juste avant d’arriver au col, nous bifurquons à droite à travers les genêts et les taillis en direction du Mont Saint Jean (750 m). Le paysage a un petit air de lande.

Parvenus au sommet, le soleil semble vouloir s’imposer.

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La vue est étendue. Un beau panorama à 360° se présente à nous. C’est le moment de faire profiter Jean Pierre de mes quelques connaissances en géographie.

Au nord, le Grand Donon 
reconnaissable à son pylône, flanqué du Petit Donon à la forme pyramidale ;

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à
l’ouest, les Vosges de Senones ;

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au sud, le Climont au pied duquel la Bruche prend sa source.

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Il y a près du sommet une croix dont nous aurions aimé connaître l'histoire.

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Nous descendons au Col de la Perheux (699 m) qui sépare la vallée de la Rothaine et la vallée de la Schirgoutte.

Devant nous, le massif du Champ du Feu qui culmine à 1100 mètres. Au pied d’un arbre isolé, un banc invite à la pause. Nous déclinons son invitation car notre randonnée vient à peine de commencer.

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J’en profite néanmoins pour donner un bref cours d’histoire à Jean-Pierre (après la leçon de géographie, la leçon d’histoire s’impose).

Entre 1620 et 1621, les procès de sorcellerie ont atteint un paroxysme au Ban de la Roche, emportant un minimum de 53 victimes sur une population qui est estimée à 1 200 personnes. Le lieu des exécutions était précisément le Col de la Perheux.

Notre balade se poursuit tout droit, sur une quinzaine de mètres, puis légèrement vers la gauche, en direction de Solomont et Belmont par le Haut des Monts (726 m).

Nous nous élevons par paliers successifs.

Nous parvenons à Solomont (689 m).

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A présent, le soleil chauffe bien. Jean Pierre enlève sous anorak.


Devant nous, le site de Bellefosse sur le plateau du Bas Lachamp. Nous y serons bientôt.

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Nous atteignons Belmont. C’est un joli petit village montagnard accroché au flanc du Champ du Feu et qui domine la vallée de la Schirrgoutte du haut de ses 817 mètres. C’est le plus haut village du Bas-Rhin.

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Nous montons jusqu'à l'église. Nous aurions aimé la visiter mais les portes sont closes.

Nous admirons de vieilles fermes vosgiennes en cours de restauration, ainsi qu'une maison en rondins en cours de construction.

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Nous descendons la petite ruelle, puis nous prenons à droite un large sentier de terre en direction de Bellefosse.

Nous nous enfonçons dans le vallon de la Schirrgoutte. Nous passons par un hameau qui s’appelle curieusement « Le Trou ». Il y a là deux anciennes fermes. Une treille à laquelle sont accrochées de belles grappes de raisin, court le long de la façade de l’une d’entre elles. Nous cédons à la tentation. Quel délice ! Que Dieu nous pardonne. 

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Nous dévalons rapidement le chemin pentu qui nous permet d'atteindre le hameau de Freudeneck (628 m).

Nous traversons la route départementale qui mène au Champ du Feu, à la hauteur d'un petit abri de bois.

Nous nous engageons dans un sentier envahi d'herbes folles mais qui reste bien visible. Il traverse un petit ruisseau : c’est la Schirgoutte.

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La Chirgoutte, ou Schirgoutte, plus rarement Chergoutte, est un petit affluent de la Bruche qu'elle rejoint à Fouday. Ce ruisseau au courant vif naît au flanc du massif du Champ du Feu près du Col de la Charbonnière.


Nous remontons à présent un chemin assez raide en sous-bois pour atteindre l’abri de chasse de Bellefosse le Haut.


Là nous sommes accueillis par un groupe de chasseurs fort sympathiques.

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Ils nous invitent à boire un verre et à manger un morceau.

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Après ce moment de convivialité que nous avons beaucoup apprécié, nous montons à Bellefosse (681 m).

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A l’entrée du village, je montre à Jean Pierre un coquet Gîte de France où j’ai séjourné récemment. Il est enchanté. Il y ferait bien un petit séjour. Il va en parler à son épouse Gaby. Je lui propose d’aller saluer la propriétaire. Malheureusement elle est absente.

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Nous poursuivons notre route. Bellefosse est un charmant petit village de montagne riche en surprises pour qui sait ouvrir les yeux.

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Il y a là de belles maisons dont certaines sont à vendre. Après avoir salué un couple sympathique sur le pas de la porte de leur belle maison, nous descendons à la Ferme Auberge "Au Ban de la  Roche"  pour nous restaurer. Il est 12 h 15. Le timing est respecté.


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Nous nous régalons avec une bonne soupe de potiron bien chaude et bien crémeuse, une excellente tourte et une tranche de tarte aux pommes maison. Le tout arrosé d’un Riesling comme il se doit !

Repus, le ventre plein, nous montons par une petite route bien raide en direction de Saint-Blaise-la-Roche. C’est dur, très dur, surtout après un copieux repas (assurément trop copieux pour des randonneurs). Nous ne sommes pas très fiers. D’un commun accord nous convenons que nous ne céderons plus à la tentation. Nous devons marquer des pauses pour reprendre notre souffle. Nous en profitons pour admirer le paysage.

Lorsque nous parvenons au lieu dit Devant Lachamp (679 m) le ruban de bitume s’arrête. Nous sommes à la croisée de plusieurs chemins. Nous optons pour le chemin qui part sur notre gauche vers le réservoir de Bellefosse. Le traitre, il part doucement et monte brusquement  !

Arrivés au point de vue, nous poussons un soupir de soulagement. Nous embrassons du regard la vallée de la Schirrgoutte. Le soleil est à présent voilé mais nous pouvons malgré tout profiter du panorama. Au loin nous apercevons le Col de la Perheux où nous étions ce matin, duquel émerge le Donon ; sur son flanc s'égrènent les maisons de Waldersbach ; à nos pieds, Bellefosse qui s'étire entre Les Gros Champs et La Boucherie (c'est le nom de la montagne à gauche).


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Le temps de faire une photo, et nous voilà repartis "à l’assaut" des ruines du château !
  Jean Pierre fulmine : la tourte ne passe pas. Il monte en zizag. Je le rassure : le château n'est plus très loin.

Le château se dresse sur un piton rocheux à 860 mètres d’altitude.

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Il est séparé de la montagne par une large faille.

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Il aurait été construit par les sires de Stein (La Roche) au XIIème siècle. Il protégeait les villageois du Ban de La Roche. Par la suite il a appartenu aux illustres familles De Ribeaupierre et De Rathsamhausen. Il fut détruit en 1467 sur ordre de l'évêque de Strasbourg. Celui ci accusait de brigandage le seigneur des lieux, Gérothée de Rathsamhausen.


Voilà comment il se présentait à cette époque.

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Aujourd'hui subsistent les vestiges du donjon et les restes croulant du logis. Il est équipé d'un escalier réalisé par le Club Vosgien. Pour accéder au donjon nous devons gravir 69 marches ! C'est la cerise sur le gâteau. Hopla Jean Pierre !

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Du sommet du donjon, nous jouissons de l'une des plus belles vues de la journée sur le Ban de la Roche et la Haute Vallée de la Bruche et nous comprenons la position stratégique de ce château fort.

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La ruine du château de la Roche est un site d'escalade difficile, réservé aux bons grimpeurs.

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Après une courte mais raide montée en lacets (encore une !), nous atteignons un étroit sentier herbu qui longe la montagne, puis descend (ouf).

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Il nous conduit à un point de vue au Banguermont (724 m) d’où nous profitons d’une très belle vue sur le Climont (700 m) qui est reconnaissable à sa forme géométrique en trapèze. A la vue de cette masse imposante, je suggère à Jean Pierre d’inscrire l’ascension du Climont au programme de nos prochaines excursions. C’est d’accord. Nous en profiterons pour aller faire un coucou à Elodie (c'est ma fille ) qui habite au pied de la montagne avec sa petite famille.

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Nous empruntons un chemin empierré qui longe le Banguermont et qui descend jusqu’à un chemin forestier. A la croisée des chemins nous partons sur la droite pour remonter au Bas Lachamp.

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Au prochain croisement nous prenons à gauche le chemin de La Boucherie. Nous sommes alors à 729 mètres d’altitude.

Avant de redescendre dans la vallée, nous jetons un dernier regard vers le massif du Champ-du-Feu, au delà de Bellefosse. 
 
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Nous retrouvons les disciples de Nemrod avec lesquels nous faisons le bilan de la journée. Leur battue n'a pas été fructueuse. Ce n’est pas grave, car ils auront passé une belle journée en pleine nature comme nous, ce qui en soi, vaut déjà le déplacement. Et qui plus est, en bonne compagnie et dans une bonne ambiance.

Nous  voilà partis pour attaquer  « tout schuss » la descente vers la vallée de la Schirrgoutte.

Chemin faisant, nous croisons deux marcheuses qui descendent sur Fouday moyennant un crochet par Blancherupt.

C’est l’itinéraire de retour que j’avais prévu initialement, mais vu l’heure qu’il est, je suggère à mon compagnon de route d’aller au plus direct, c’est à dire de mettre le cap sur Waldersbach d’où nous remonterons au Col de la Perheux par le sentier Oberlin.

Nous quittons donc le chemin qui tourne vers la droite en préférant le sentier qui descend dans la forêt et nous emmène, entre bouleaux et fougères. Brusquement, les traces de cet ancien chemin se perdent. C’est là qu’il faut faire appel à son sens de l’orientation. Nous piquons donc à travers le sous bois. Une clôture électrifiée nous oblige à lever les jambes. Une fois, puis deux fois. Finalement, nous aboutissons à Waldersbach (650 m).

Un âne nous souhaite la bienvenue ce qui est l’occasion pour mon ami de me raconter une anecdote (une de plus) de son périple vers Compostelle.

                                                                                                   
IMGP0510bisNous attaquons la Montée Oberlin (les chaînes y sont obligatoires en hiver, ce qui veut tout dire).

Nous sommes obligés de tirer sur nos mollets. Nous ne mettons plus un pied devant l’autre, mais l’un au-dessus de l’autre.

A à ce moment là un vieux proverbe japonais me traverse l’esprit :
«  Avec un ami à ses côtés, aucune route ne semble trop longue »



Nous passons à côté d’un vieux moulin.

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Nous admirons un cadran solaire, instrument silencieux et immobile.

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Après quelques hésitations, nous décidons de contourner l’église par la gauche. Un plaque commémorative apposée sur un mur de l'église nous indique que la femme du pasteur Oberlin, morte à l'âge de 36 ans, est inhumée à Waldersbach.

Nous voici devant le Musée Oberlin.

Le Musée Oberlin est le lieu de mémoire du pasteur Jean-Frédéric Oberlin qui a essayé de traduire la prédication de l'Évangile dans la pratique de la vie économique, sociale, culturelle et politique du Ban de la Roche, symbolisant d'une part l'esprit du siècle des lumières avec sa volonté de progrès et donnant d'autre part l'impulsion au mouvement du Christianisme social. Oberlin vécut à Waldersbach pendant 59 ans et y mourut en 1826. Il repose dans le petit cimetière du village voisin, Fouday.

Nous décidons de revenir un jour visiter ce musée.

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Arrivés enfin tout en haut du village, il nous faut maintenant puiser dans nos dernières ressources pour remonter jusqu’au Col de la Perheux, et de là gagner Solbach où nous attend notre voiture.
Nous gravissons donc le Sentier des Tilleuls. C’est raide, très raide même ! Nous nous arrêtons de temps en temps pour admirer les arbres centenaires. Cela nous permet de récupérer.

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Nous parvenons enfin au Col de la Perheux. L’arbre solitaire et son petit banc sont toujours là. Une fois de plus nous passons à côté sans nous arrêter. « Mer hàn kei zitt » dit une petite voix au fond de nous-mêmes. 

Il est 17 h 15 lorsque nous posons nos sacs à dos parterre et délaçons nos godillots.


Certains doivent se demander ce que nous pouvons bien nous raconter tous les deux pendant une randonnée de plus de 7 heures. 

Comme je l'ai déjà écrit, nos balades sont à mi-chemin de l'observation naturaliste et de la philosophie. Elles sont échange. Quand notre chemin est jonché de découvertes enthousiasmantes, nous partageons nos émotions. Parfois notre marche se fait silencieuse. Dans ce cas, il ne reste que la nature qui nous entoure, l'oeil qui guette....et les pieds qui avancent. 
  

« Le chemin de terre est un vecteur de solidarité »    (Franck Michel, Voyage au bout de la route, éditions de l'Aube
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 20:36

Cela faisait déjà quelque temps que j’avais promis à mon cousin Jean-Pierre de l’emmener « faire les Echelles de la Mort » dans le canyon du Doubs. Je le sentais de plus en plus impatient. Une vraie cocotte minute. Il est vrai que je lui en avais tellement parlé que çà ne pouvait que faire monter la pression. Aussi, profitant d’une belle journée d’automne, je l’ai convié à m’emboîter le pas sur les traces des contrebandiers. Nous avons mis le cap sur le plateau de Maîche en Franche Comté, pour une randonnée sportive de 19 km sur des chemins pierreux et parfois accidentés le long du Doubs, avec un dénivelé de 525 m. 

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Dans la voiture qui nous transporte du seuil de notre maison à l’endroit où nous avons décidé de l’abandonner, nous pressentons la magnificence qui nous attend sur le plateau de Maîche grâce à la magie de l’automne. Il y a une certaine fébrilité en nous.

Après avoir traversé Charquemont, nous prenons la direction de La Combe St Pierre. Nous garons notre voiture un peu plus haut, au hameau du Boulois (914 m).

Nous sommes dans la brume et il fait froid. Il faut s’habiller chaudement. Nous nous dépêchons de chausser nos godillots et d’endosser nos sacs. Au début de notre randonnée, nous marchons sur une route goudronnée jusqu’au belvédère de la Crampoulotte (920 m),
qui devrait nous offrir un beau panorama sur la vallée du Doubs et nous donner un avant-goût du paysage qui nous attend pendant cette journée. Malheureusement le brouillard nous prive de ce spectacle.

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Nous continuons à suivre le ruban de bitume. Lorsque nous arrivons à la ferme du Vaudey, le soleil commence à pointer le bout de son nez. C'est de bonne augure pour la suite du programme.

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Lorsque nous traversons les pâturages pour gagner le Bois de la Biche (926 m), le soleil commence véritablement à s'imposer. Nous croisons le garde chasse accompagné de son chien qui nous fait la fête. Nous échangeons quelques mots avec le monsieur qui, comme nous, trouve que « çà friscasse » (comprenez : « il fait frisquet »).

Nous poursuivons notre chemin. Les rayons du soleil bienfaisant nous réchauffent. On se sent mieux !

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Nous passons devant la ferme du Bois de la Biche aménagée en gîte.

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C'est un carrefour de plusieurs itinéraires pédestres

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Nous remontons sur une centaine de mètres la petite route qui vient de la Combe St Pierre.

Puis nous nous engageons dans un sentier à peine visible de la route et qui part sur la gauche pour nous enfoncer dans le sous bois. A partir de là le paysage va prendre une toute autre dimension.

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Un étroit sentier escarpé nous conduit au belvédère de la Cendrée (964 m), point culminant de notre randonnée. Il est situé au bord d’une falaise qui surplombe les gorges du Doubs.

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Des volutes de brumes sont en train de livrer bataille contre les rayons du soleil, comme si elles ne voulaient pas céder du terrain, s’accrochant désespérément aux falaises. Lorsque le voile de brume se déchire, nous découvrons d’impressionnantes falaises façonnées par l’érosion qui plongent vers les gorges du Doubs.

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Le blanc des falaises contraste avec la teinte des arbres qui, en cette période automnale, ont revêtu leurs plus beaux habits. Le mélange des couleurs créée assurément un spectacle qui suscite notre émerveillement. Par-dessus tout, il règne un calme et une paix qui font oublier l’agitation du monde.

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Entre les falaises, profondément enfoncé dans son lit et mystérieusement caché par les cimes des arbres auxquelles sont encore accrochés quelques lambeaux de brume, le Doubs, frontière naturelle.

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Nous descendons par un étroit sentier très raide qui serpente entre les blocs de pierre. Le sentier est humide et parfois glissant. Il nous faut être très vigilant. Il faut faire très attention on l'on pose le pied. Il suffit de poser le pied sur un rocher glissant et c'est la chute assurée. Oups, çà y est, je suis tombé sur le c...Dieu merci il y a plus de peur que de mal. Il vaut mieux tomber sur le c... que sur le nez. C'est plus rembourré ! Les bâtons de marche sont très utiles.

A mi pente nous nous arrêtons quelques instants près de la Grotte des Moines.

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Puis nous continuons à descendre. Nous aboutissons au lieu dit La Couleuse Petit (735 m).

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De là nous suivons une petite route goudronnée qui descend jusqu’au hameau du Refrain.

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Un peu plus bas, nous empruntons un chemin forestier non balisé, mal entretenu et parsemé d’ornières ( Jean Pierre en fera les frais, heureusement sans grand mal ).

Nous parvenons ainsi au barrage du Refrain.

Nous sommes très rapidement descendus de 950 m à 600 m au bord de la rivière.

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A partir de là nous suivons le GR 5 qui longe la rivière jusqu’à la centrale électrique du Refrain. Nous avons le sentiment d’entrer dans un autre monde. Nous admirons le Doubs qui fait, à cet endroit, office de frontière naturelle : sur la rive droite c’est la Suisse. Nous cheminons sur la rive gauche de la rivière, côté français, sur un sentier humide et parfois glissant, dans une forêt aux multiples nuances de vert.  

Le cours d’eau n’est jamais très loin. Il nous accompagne. Il est parsemé de blocs de pierre recouverts de mousse. Les flots pressés courent, sautent par-dessus les rochers ou les contournent. La rivière est à la fois vie, musique et mouvement à l’infini. Nous écoutons la voix de la rivière. Son chant nous accompagne.

De petites criques permettent de s’en approcher mais il faut être prudent car des panneaux mettent en garde contre les lâchers d’eau des barrages qui peuvent provoquer une brusque montée des eaux.

Sur l’autre rive, l’eau lèche le pied des falaises vertigineuses. On se sent tout petit à côté.

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Il y a tout au long de ce sentier, une qualité de paysage qui touche l’âme. Tout irradie une sorte de fluide d’un lointain, très lointain passé. Le minéral est omniprésent.

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Nous cheminons entre d’imposants blocs de rocher sous lesquels nous découvrons une grotte : c'est l'Antre du Loup.

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Après avoir passé à côté d’un refuge en bois surmonté d'un clocheton, nous parvenons dans un cirque au creux duquel a été construite l’usine électrique du Refrain. Des travaux de remplacement des turbines sont en cours.

Sur le parking, un groupe d’enfants en excursion est en train de pique-niquer dans un joyeux brouhaha.

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Nous ne nous attardons pas. Nous nous dirigeons vers l’amorce du chemin qui mène aux Echelles de la Mort.

Les Echelles de la Mort : un nom qui fait peur. Ce pourrait être le titre d'un roman policier, d’un film de série B ou bien d'un western, mais ce n’est rien de tout ça.

Jadis les échelles étaient un haut lieu de la contrebande. Les contrebandiers passaient matériel et animaux par cet endroit pour se rendre en Suisse.

Cet endroit est aussi un lieu peuplé de légendes, comme en témoignent les lieux-dits : Désert de la Mort, Couleuse de la Mort, Orgues de la Mort, en raison des sonorités du vent dans la falaise.

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Il nous faut à présent monter. Les falaises sont équipées d’une Via Ferrata pour les plus sportifs. Ce ne sera pas pour nous. Nous nous contenterons des échelles.

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Nous attachons nos bâtons de marche sur nos sacs afin de ne pas être gênés. C’est une ascension d’une centaine de mètres qui nous attend, empruntant notamment des échelles métalliques (plus sûres que les anciennes en bois qu’utilisaient les contrebandiers et qui étaient fixées verticalement à la paroi). Ces échelles métalliques ont été fabriquées et fixées dans la roche par des forgerons de Maîche et de Charquemont. Nous leur sommes reconnaissants car c’est grâce à leur travail que nous pouvons réaliser cette magnifique randonnée.


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Les Echelles de la mort n’en portent plus que le nom. Trois échelles (de 20 mètres pour la plus longue), nous permettent de déboucher sur une magnifique plateforme.

La montée est raide. Il ne faut pas avoir le vertige.


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Nous sommes récompensés de notre ascension par une splendide vue sur le canyon qui a pris le nom de Canyon des Echelles de la Mort.

Nous profitons du spectacle pendant une trentaine de minutes de pause bien méritées.

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Puis nous redescendons au pied des Echelles. Nous sommes obligés de contourner la centrale du Refrain à cause du chantier en cours. A côté de l’usine électrique, sous un auvent, des panneaux d’information racontent l’histoire des Echelles de la Mort. Après avoir enjambé une passerelle métallique, nous nous retrouvons sur un chemin facile jonché de feuilles mortes. Le bruit des flots tumultueux s'est estompé.

Nous suivons le cours du Doubs comme un fil d'Ariane.

La rivière semble à présent prendre le temps de flâner, en serpentant entre de petites îles.

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Nous nous éloignons un peu de la rivière pour passer au ras des falaises.

La végétation est exubérante. Jean Pierre se croit être dans la forêt de Brocéliande.

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Une petite passerelle métallique rustique enjambe le lit d'un ruisseau à sec. C'est inattendu.

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Nous avons l'impression d'être dans un sanctuaire. Nous marchons comme deux pèlerins, silencieux, méditatifs. Seul le martellement de nos bâtons de marche sur le sol rompt le silence. Il rythme nos pas.

Nous arrivons à la Charbonnière du Bas (548 m) où nous découvrons les vestiges d’un moulin du XVIème siècle.

Un panneau nous rappelle qu’il fut un temps où il y avait dans les gorges du Doubs plusieurs moulins dont tous ont aujourd’hui quasiment disparus.

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Nous sommes à la croisée de plusieurs chemins.

Réflexion faite, nous optons pour celui qui descend vers la rivière.

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Son lit s’est élargi. Elle est envahie par les herbes folles et a pris une couleur verdâtre.

Nous apercevons de belles truites qui se cachent sous les rochers.

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Notre sentier est de plus en plus sauvage. Il file au ras de l’eau et contourne les rochers qui surplombent la rivière.

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De là nous gagnons la Roche aux Chevaux (543 m).

L’endroit est sauvage à souhait. C'est le lieu idéal pour bivouaquer.

C’est franchement sublime.

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S
ur l'autre rive, blottie au pied des hautes falaises, un abri de pêche nous fait penser à la cabane d'un ermite. On se croirait au Canada. 

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Notre chemin s’éloigne à présent de la rivière pour gagner de la hauteur.

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Nous grimpons par un chemin très raide équipé de marches rustiques. Des morceaux de traverses de chemin de fer font l'affaire.

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Nous débouchons au lieu-dit Les Champs du Doubs (620 m). Nous nous retrouvons sur le GR 5.

Une fontaine et des bancs nous invitent à la halte mais nous sommes obligés de décliner leur offre car l'heure est bien avancée et il nous reste du chemin à parcourir.

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Les habitants de la forêt ne nous en tiendront pas rigueur.

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S’en suit alors une ascension tranquille jusqu’aux ruines de la Chapelle des Essarts Cuenot construite en 1632.

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Nous passons près du Belvédère des Vieilles Femelles (quel drôle de nom). Nous sommes émerveillés par l’herbe rase des pâtures.

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Nous gagnons en quelques lacets le Sas Durain (909 m) où nous retrouvons le plancher des vaches et la petite route goudronnée du départ. Nous passons dans le lieu dit « Le Château de Paille », d’où nous apercevons notre voiture garée plus haut.
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Les magnifiques chevaux de la race des Franches Montagnes nous gratifient d'un salut amical. Jean Pierre a toujours beaucoup de succès avec les équidés.

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Il est exactement 16 heures lorsque nous nous retrouvons au point de départ de notre excursion.

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Nous échangeons quelques paroles avec le paysan et le félicitons pour la propreté de ses bêtes.

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Nous remontons dans notre voiture qui nous a sagement attendus là où nous l’avons laissée (pouvait-il en être autrement ?). Quelque peu transis, nous allumons le chauffage.


Avant de prendre le chemin du retour, nous nous arrêtons au belvédère de la Crampoulotte (920 m) où nous étions ce matin, pour profiter du panorama dont nous avons alors été privés en raison du brouillard.  


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Ainsi se referme le cercle de cette magnifique randonnée nature sur un parcours accidenté mais très pittoresque, et qui nous a enrichis d’impressions neuves et belles.

Partis sur les traces des contrebandiers, nous avons suivi, l’esprit tranquille, un sentier sinueux qui nous a conduits aux confins de la Franche Comté. Cette randonnée de crêts en val au fil du Doubs, nous a réservé de très beaux points de vue ; elle  a permis à Jean-Pierre de découvrir (et à moi de redécouvrir) des sites naturels particulièrement intéressants. C’est sûr, nous y reviendrons.

Nous rentrons avec le sentiment d’être plus riches et de ramener un butin.

Nous profitons une dernière fois du splendide panorama sur la vallée du Doubs depuis le Belvédère des Fougères.
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Tout au long de cette journée, nous avons tous deux marché en parfaite symbiose, tour à tour silencieux et volubiles, attentifs à tout ce qui nous entoure, regardant, écoutant et humant, car c'est tout çà "randonner".

Jean-Pierre n'est pas un novice en matière de randonnée pédestre puisqu'il a marché sur les chemins qui mènent à Compostelle ce qui n'est pas peu dire. Il y a acquis une solide expérience. Je n'ai donc rien à lui apprendre dans ce domaine.

Aussi, c'est un honneur pour moi de lui servir de "guide" lors de nos randonnées hebdomadaires. De plus, c'est un réel plaisir que de lui faire découvrir (et de découvrir avec lui), semaine après semaine,  de nouvelles  contrées . " Marche et découvertes" : voilà nos maîtres mots.


« La marche n’a qu’un but, immense et respectable : nous redonner l’inestimable faculté d’émerveillement » (Emeric FISSET, L’ivresse de la marche)

 

Par Les allumés du godillot - Publié dans : Marche et découvertes - Communauté : Marcheurs écrivains
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 22:00

En cette journée du mois de septembre, mon cousin Jean-Pierre et moi avons pris la clé des champs pour aller crapahuter dans le massif du Hohneck, un des sites les plus prestigieux des Vosges. Jean-Pierre ne connaissait pas ce secteur. Je me suis donc fait un plaisir de lui faire découvrir. Voici le récit de cette randonnée pas ordinaire, d'une quinzaine de kilomètres.

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Il est un peu plus de 9 heures du matin lorsque nous garons notre voiture sur le parking désert de la station du Gaschney (995 m). Peu après, nous nous mettons en route. Il y a du brouillard et il fait frais. Autrement dit, le temps n’est pas très engageant. Néanmoins, nous faisons confiance aux prévisionnistes de Météo-France qui ont annoncé que les brumes et les brouillards matinaux allaient se lever au cours de la journée pour faire place au soleil. Nous prenons donc le « sentier de la Bloy » qui part en sous bois vers le nord, contournant la face nord du Petit Hohneck à altitude sensiblement constante, jusqu’au téléski de Hinter-Schalleren.

Au bout de 45 minutes, nous nous engageons dans la forêt, sur un sentier très accidenté qui comporte quelques passages délicats.

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Une vigilance particulière est recommandée par des panneaux, car de graves accidents s’y sont déjà produits. Il faut donc faire très attention on l’on pose les pieds, bien que certains passages soient sécurisés par des câbles et des échelles métalliques. Assurément de bonnes chaussures sont indispensables.

Parvenus au Blaufels, nous devinons à travers la brume, le cirque du Frankenthal. Nous ressentons une espèce de sauvagerie profonde.


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Nous parvenons ainsi dans le cirque glaciaire du Frankenthal (1030 m). A ce moment là un timide rayon de soleil salvateur fait son apparition, diffusant une lumière irréelle sur cet endroit magique. 


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La ferme auberge qui se trouve là permet de penser qu’il y avait autrefois en ces lieux des pâtures pour les troupeaux. Il parait qu’elle a été détruite en avril 1900 par une avalanche. Il y avait sûrement à cette époque là plus de neige qu'aujourd'hui.


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Après avoir salué le fermier aubergiste, nous contournons la bâtisse pour nous rendre à la tourbière qui se trouve à l'emplacement de l'ancien Etang Noir du Frankenthal. C'est une réserve naturelle.

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La progression de la tourbière a réduit cet ancien plan d'eau dont la surface atteint à peine 100 m2 actuellement. Les bouleaux ont réussi à prendre pied sur les hauts fonds de la tourbière. Ils se sont multipliés et ont grandi. Aujourd'hui un rideau d'arbres forment un véritable écran qui coupe en son milieu la perspective qui s'ouvrait jusque là vers le couloir du Falimont. 

Cette avancée des arbres et de la forêt ne concerne pas que l'Etang Noir. Elle ne date pas d'hier. Elle a débuté en 1995 avec la création de la Réserve Naturelle et la décision d'interdire le pâturage sur les pentes et dans les couloirs qui entourent ce site. Abandonnés par l'homme et son bétail depuis 15 ans, ces espaces ont peu à peu été envahis par les broussailles et les arbres. Cet enfrichement s'accélère d'année en année. 

Le Club Vosgien a voté en septembre 2008 une motion pour obtenir la révision du plan de gestion de cette réserve, afin que ce site magnifique et la richesse de sa flore ne disparaissent pas au profit de la forêt.  

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Les nuages se sont à présent déchirés, nous livrant un soleil généreux qui illumine les lieux. Le calme d’un jour de semaine nous permet d’apprécier la fabuleuse beauté de ce site.

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Les couloirs qui plongent du Hohneck, 300 m plus haut, et l’imposante falaise de la Martinswand, terrain de jeux des amateurs d’escalade, donnent à ce site une dimension alpine.

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A la vue de cette nature souveraine, Jean-Pierre est émerveillé. Des photos s’imposent. Malheureusement pour lui, les piles de son appareil photo sont en train de rendre l’âme. Ce n’est pas à la ferme auberge du Frankenthal qu’il pourra en acheter. Sa seule chance d’en trouver se trouve au sommet du Hohneck, au magasin de l’hôtel restaurant. "Vous êtes quittes pour revenir" lui dit le fermier.

Devant nous, à droite du Hohneck, se profile le col de Falimont (1300 m) que nous allons gravir. Jean-Pierre ne semble pas mesurer les efforts qu’il va devoir fournir.

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Soudain, nous entendons des voix : un groupe de marcheurs vient d’arriver à la ferme auberge du Frankenthal. Nous ne nous attarderons donc pas au bord de la tourbière car nous ne tenons pas à effectuer la montée avec cette meute bruyante. Finalement ils ne passeront pas par là. Tant mieux.

Nous commençons à gravir le sentier abrupt qui conduit au col de Falimont. Une plaque fixée sur un rocher rappelle la mort tragique d’un randonneur à cet endroit. Nous ne nous arrêtons pas sur le petit banc placé juste à côté. Rapidement le sentier affiche franchement sa rudesse comme pour se défendre contre les assauts des randonneurs. La pente devient de plus en plus forte. Il faut monter les pieds de plus en plus haut. Les bâtons de marche sont les bienvenus. Nous montons d’un pas lent et régulier. En montagne il faut s'élever lentement. Tout est affaire de rythme. Le corps travaille alors comme une machine merveilleusement réglée.

Au fur et à mesure que nous nous élevons, le Frankenthal déploie ses fastes tout autour de nous. Sur notre droite, un énorme rocher abrupt, témoin de Dieu sait quel cataclysme. 

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Parvenus au col, un superbe panorama s’offre à nos yeux. Cela justifie les efforts physiques fournis pour monter.
A la souffrance succède la jouissance. Jean-Pierre avoue qu'il en a bavé ; il ne s’attendait pas à cela. Il faut parfois passer par ce purgatoire pour accéder à la beauté du paysage.

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A partir de là nous ne sommes plus seuls. Nous croisons d'autres randonneurs.

Nous suivons la ligne de crête qui sépare l’Alsace et la Lorraine.

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Nous gagnons rapidement le sommet du Hohneck (1363 m), troisième sommet du massif des Vosges. Jean-Pierre est sauvé : il peut acheter des piles pour son appareil photo au magasin de l’hôtel du sommet.

Il y a pas mal de monde tout autour ; beaucoup sont montés en voiture. Aussi nous quittons rapidement les lieux. 


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Avant de quitter le sommet, je montre à mon compagnon de route l'arrête des Spitzkoepfe que nous allons contourner, ainsi que la combe dans laquelle nous allons descendre tout à l'heure.

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Puis, nous descendons par un chemin très abîmé jusqu’au col du Wormspel, où nous nous accordons 
une pause d’une trentaine de minutes au-dessus du cirque glaciaire au fond duquel est niché le lac de Schiessrothried.

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Après nous être restaurés, nous suivons le sentier panoramique des névés pour rejoindre les dentelles granitiques des Spitzkoepfe qui font face au Hohneck, et qui séparent le cirque glaciaire du Wormspel de celui de l’Ammelthal.

En contemplant le sommet du Hohneck, on éprouve une sorte de royauté solitaire, orgueilleuse.

C’est le royaume des chamois vosgiens. Un couple de randonneurs que nous croisons nous indique qu’une douzaine d’entre eux ont été aperçus sur les pentes du Wormspel ce matin de très bonne heure. Pour notre part nous n’en verrons pas car l’heure doit être trop avancée et il y a du monde sur les crêtes

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Nous contournons le sommet du Kastelberg en suivant le Schwalbennest à l’aplomb des pentes raides de l’Ammelthal. On distingue très bien à droite le dangereux couloir d'éboulis des Spitzkoefe que nous franchirons tout à l'heure.

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Nous atteignons la ferme auberge du Kastelbergwasen (1166 m).

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Nous traversons les pâtures sous le regard placide du troupeau.

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Un paysage de carte postale s'offre à nos yeux émerveillés...et à nos objectifs.

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Puis, nous descendons en direction du lieu-dit  « Kerbholtz ». C’est un promontoire qui surplombe la vallée de Mittlach, et sur lequel se trouve une ancienne ferme. La vallée de Mittlach que nous apercevons tout en bas, semble enveloppée dans un voile de brume bleue. L'image vaporeuse que nous en avons semble irréelle.


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Parvenus au Kerbholtz, nous bifurquons à gauche pour suivre un sentier assez difficile qui comporte plusieurs  passages escarpés, dans une forêt sauvage ( Wormsawald).

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Plusieurs passages sont équipés de câbles et de marches fixées dans le rocher. Là encore, de bonnes chaussures sont nécessaires si l'on ne veut pas prendre de risque.

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Par contre, les bâtons de marche sont plutôt gênants dans les passages où il faut se tenir au câble ou s’agripper au rocher. Mon compagnon n'a pas l'air très rassuré. Il avance lentement tâtant le terrain à chaque pas. Je le précède pour lui montrer où poser les pieds.

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Nous croisons deux randonneuses qui nous demandent si le Kerbholtz est encore loin. L’une d’elles ne semble pas très rassurée. « Pour moi, c’est pas de la marche çà ! » lance-t-elle. Et d’ajouter : « Si j’avais su que c’était comme çà je ne serais pas venue ». « C’est mon mari qui m’a dit de passer par là » répond l’autre semblant vouloir se défendre. Tout cela sur le ton de la rigolade bien-sûr.  Nous essayons de les rassurer en plaisantant, et leur souhaitons bonne route.

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Parvenus au fond du cirque sauvage de l’Ammelthal, nous retrouvons un sentier plus paisible.

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Après avoir traversé un vieux pont en bois, nous gravissons un petit raidillon, puis nous changeons de direction.

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Nous marchons à présent à découvert dans les éboulis au pied des falaises rocheuses des Spitzkoepfe.

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Cet endroit fait de blocs amoncelés de toutes tailles est singulier. Les franchir demande de l'agilité. Il faut se faire léger pour sauter de bloc en bloc. Il faut être précis quand on pose le pied. On a l'impression que ces blocs sont prêts à dégringoler la pente abrupte.  

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Un panneau recommande de ne pas s’attarder dans la pente raide précisément en raison du risque de chutes de pierres. La vigilance est de rigueur. 

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Plusieurs personnes ont trouvé la mort dans ce couloir, au nombre desquelles figurent deux gendarmes du PGSM de Munster qui ont dévissé en portant secours. Le destin, quelque fois, frappe comme la foudre. Ce qui est appelé à se défaire inéluctablement au fil des ans, est alors tranché d'un seul coup. Le plus difficile doit être d'avertir la famille. Quand on vous apprend la mort d'un être cher, c'est comme si vous deviez refermer un livre qui vous est cher. 

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Nous sortons de cette zone d’éboulis par une passerelle métallique,

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puis par un escalier taillé dans le rocher.

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Nous croisons un homme sur le point de s'engager dans les éboulis avec son chien (nous ne saurons pas si l'animal a apprécié cette randonnée).

Un peu plus loin, nous rencontrons un jeune touriste allemand chaussé de baskets, des écouteurs sur les oreilles, qui nous demande si ce chemin mène bien au Kerbholtz et s’il faut un équipement spécial pour s'y engager. Je lui dit qu’il vaut mieux avoir de bonnes chaussures et je lui recommande d'être prudent. Il nous répond qu’il va essayer de traverser "comme çà" car il veut aller jusqu'au Rainkopf.

Arrivés à un petit col situé entre le premier et le deuxième Spitzkopf, nous nous écartons un peu du chemin pour nous rendre au sommet du premier Spitzkopf où a été aménagé un petit belvédère. Un banc nous invite à nous asseoir quelques instants. Nous acceptons volontiers son invitation et en profitons pour admirer la vue plongeante sur la vallée glaciaire de la Wormsa au fond de laquelle  se niche le petit lac du Fischboedle. C'est une petite vallée étroite qui semble à l'écart du reste du monde. Le silence qui nous entoure invite à la méditation.

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Puis nous revenons sur nos pas jusqu'au petit col.

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De là nous descendons jusqu’au lac de Schiessrothried (930 m) construit à la fin du XIXème siècle à l’emplacement où se trouvait jadis un lac glaciaire. Nous traversons la digue d’où nous avons une belle vue sur le Hohneck et le magnifique vallon du Wormspel.

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Arrivés de l’autre côté, nous suivons le sentier qui remonte dans la forêt et qui, après quelques lacets, s’élargit en suivant le flanc sud du Petit Hohneck. Puis nous quittons le chemin qui continue tout droit en direction du Sillackerkopf, pour prendre un sentier qui part à gauche en direction du nord, d’abord à travers les chaumes, puis en légère montée en sous bois, jusqu’au pied du télésiège du Gaschney.

Il est 16h1/4 lorsque nous regagnons notre voiture, au terme d'une randonnée sportive. 

C'est jour de fermeture à la ferme auberge du Gaschney. Tant pis, nous boirons un coup ailleurs.

En regagnant la vallée, nous avons tous les deux le sentiment de perdre cette liberté totale que nous avons ressentie tout au long de la journée.

« Jouissance du temps, des lieux, la marche est une dérobade, un pied de nez à la modernité. Elle est un chemin de traverse dans le rythme effréné de nos vies, une manière propice de prendre de la distance et d’affûter ses sens » (David Le Breton, Eloge de la marche à pied).

 

Par daniel moerlen - Publié dans : Marche et découvertes - Communauté : Marcheurs écrivains
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