Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 18:07

Pour cette nouvelle randonnée, nous avons mis le cap sur la commune de Wegscheid dans la vallée de la Doller. En 2008, le conseil régional d'Alsace a créé la réserve naturelle régionale de "la forêt des volcans de Wegscheid".

IMGP0944

                                                                      

Nous devons être bénis des dieux, car une fois de plus nous bénéficions d’une météo particulièrement propice à la randonnée. Après la pluie de ces derniers jours, on ne s’attendait vraiment pas à cela. Nous mettons le cap sur la commune de Wegscheid qui se trouve à la confluence du Soultzbach avec la Doller. Le nom de Wegscheid vient de l’allemand « Weg » qui signifie « chemin » et « Scheid » qui signifie « séparation ».

Nous sommes donc à la séparation des chemins. Nous quittons la route nationale pour remonter la rue du Soultzbach. Nous garons notre voiture sur le parking qui se trouve à côté du réservoir. Nous sommes à 531 mètres d’altitude. C’est ici que commence notre randonnée. Nous sommes dans le fief du Club Vosgien de Masevaux. C’est l’occasion pour moi d’avoir une pensée pour mes amis de club, et particulièrement pour mon ami Jean-Louis, responsable des randonnées. Comme je sais qu’il est un fidèle lecteur de mon blog, j’en profite pour le saluer cordialement. Salut Jean-Lou !

Après avoir chaussé nos chaussures de montagne et enfilé nos sacs à dos, nous nous mettons en route. Il est un peu plus de 9 heures. Nous remontons le Soultzbach sur 470 mètres. Nous bifurquons à gauche en direction du Stahlberg (alt. 839 m). Nous remontons le cours d’un ruisseau. Très vite, le chemin devient très raide. Alors que les sommets sont déjà bien ensoleillés, nous progressons dans une clarté encore indécise et dans la fraîcheur d’un matin d’hiver. Le bonnet de laine et les gants ne sont pas un luxe. C’est l’heure où le manque de couleurs plus que le manque de lumière, donne à la montagne un visage fermé, presque inhospitalier.

  IMGP0880

Notre chemin se redresse de plus en plus. Ça surprend. Le dénivelé est de 22,58 %. Cela n’incite pas à la discussion. Chacun monte à son rythme. Jean-Pierre accuse le poids des ans. Il a le souffle court. Son cœur bat très fort. Je l’attends à mi-pente. 

  IMGP0881

Nous attaquons une montée en zigzag. Malgré sa déclivité, l'étroit chemin présente un attrait particulier. Nous entrons dans le rayonnement de l'astre du jour bien qu'il soit encore avare de chaleur. Lacet après lacet nous prenons de l'altitude. Notre marche n'a rien d'une flânerie pour mon compagnon. Ce n'est cependant pas une grimpée aussi âpre que celle du couloir du Falimont dans le massif du Hohneck.    

IMGP0885

Nous parvenons à un joli chalet en rondins qui domine la vallée de la Doller.
L'endroit  n'est pas encore éclairé par  le soleil. Il est balayé par un vent frisquet.

 IMGP0889

Nous jetons un coup d'oeil furtif à l'intérieur du chalet. Il a l'air confortable. Tout y est prévu pour passer un bon moment bien au chaud. 

  IMGP0892

Nous en faisons le tour, puis nous reprenons notre chemin. Je désigne à Jean-Pierre le massif des Vogelsteine où nous allons. Nous remarquons que les arbres sont recouverts de givre. Il doit faire froid là-haut. En tout cas, c’est magnifique.

IMGP0894 

Notre sentier descend légèrement. Il a été défoncé par les engins de débardage. Nous arrivons à la route forestière qui monte au Belacker. Des fûts abattus dorment au soleil. Là nous prenons à droite un étroit sentier qui s’engouffre dans la forêt.

IMGP0884 

Nous longeons le flanc escarpé de la montagne.

 IMGP0895

La pente est abrupte et le terrain glissant. Certains passages sont sécurisés.

IMGP0896

Nous pénétrons dans la forêt du Nablas. C’est une forêt profonde dans laquelle résonne le bruit des cascades.

 

IMGP0902

La forêt occupe ici 88 % du territoire.

 IMGP0898


L’étroit sentier serpente entre les arbres et les rochers. Par moments, nous sommes obligés d’enjamber les racines des gros arbres et franchir des ruisseaux.

 IMGP0899

Le décor est très sauvage. Nous avons l’impression de traverser un endroit secret. La magie de la forêt opère. J’affectionne ce genre d’endroit. Une forêt a son atmosphère, sa lumière, son clair-obscur, ses ombres.

Nous arrivons au Durrenfels. 


IMGP0904

Nous jouissons d’un vaste panorama sur la vallée de la Doller. Devant nous, le spectacle de la montagne vosgienne avec ses formes arrondies.

IMGP0917

Brusquement le silence est rompu. Au-dessus de nous, des éclats de voix attirent notre attention. Une joyeuse troupe vient d’arriver au Fuchsfelsen. Grisés semble-t-il par le panorama qui s’offre à leurs yeux depuis le belvédère, certains poussent des  «  Ou-ou……Ho-ho… ». Il ne manque plus qu’un jodler. L’un d’entre eux qui a une voix qui porte, appelle sa femme : « Simone…tu montes ?.. ». C’est ainsi que nous apprenons que l’une des membres de cette joyeuse troupe s’appelle Simone. Fini le calme des grands espaces. La faune doit être apeurée. C’est sûr, nous n’apercevrons pas de chamois aujourd’hui.

 

IMGP0906

Nous gagnons à notre tour le Fuchsfelsen (alt. 1 021 m) qui, Dieu merci, a retrouvé son calme entretemps. C’est un piton rocheux impressionnant. Rectiligne, taillé avec la netteté d’un coup de hache, il se dresse au-dessus de la forêt.

 


IMGP0910

Il fait partie de ce groupe de rochers dont certains atteignent 30 à 35 mètres de haut : les Vogelsteine (ou rochers aux oiseaux) aussi appelés Falkensteine (rochers aux faucons). On a l’impression qu’ils sont prêts à crouler dans le vide. Nous nous imprégnons du calme et de la sérénité des lieux. Nous sommes entourés d’une immobilité qui nous confronte à l’échelle du temps. Notre existence se mesure en années alors que celle de ces géants de pierre se mesure en millions d’années.

IMGP0915

Nous nous hissons jusqu’au sommet en nous aidant du câble d’acier fixé dans la roche, car le rocher est recouvert de glace. Nous arrivons sur la petite plateforme de trois mètres sur trois qui offre un point de vue sublime.

IMGP0913

Nous rendons hommage aux bénévoles qui ont aménagé ce site. C’est grâce à eux que nous pouvons profiter des richesses de la montagne.

 

IMGP0911

Nous montons en direction du Sattelboden. De là nous gagnons la crête par une montée très raide.  Les arrêts se font de plus en plus nombreux afin de permettre à Jean-Pierre de reprendre son souffle. Il ne s’agit pas de dépasser ses limites, mais de se faire plaisir.

 

IMGP0886

Nous parvenons sur la crête. Devant nous se profile le débouché de la vallée de la Thur que domine le Thannerhubel (alt.  1 882 m). Au col entre le Rossberg et le Thannerhubel, le refuge du Ski Club Thann semble monter la garde.

IMGP0925

Nous bifurquons à droite en direction du sommet du Rossberg. Derrière la ligne de crête figée par le gel, une multitude de formes blanches, mystérieuses et majestueuses, se dresse vers le ciel. 
 Les glaciers brillent au soleil.

IMGP0919bis 

Nous sommes pressés d’arriver au sommet pour jouir du vaste panorama. Je fonce. Mes pas martèlent la fine couche de neige. Jean-Pierre suit à son rythme. « Dur, dur ! » s’exclame-t-il en me rejoignant au sommet.

Alors même que la vue n'est pas l'unique attrait de nos randonnées, qu'elle n'est pas notre unique stimulant, elle est cependant un élément primordial du moment solennel qu'est l'arrivée au sommet. Elle exalte la joie d'avoir atteint un but.

IMGP0931 

Il est 12 h 45 lorsque nous parvenons au sommet du Rossberg (alt. 1 191 m). Nous restons tout pantois à la vue du vaste panorama qui s’offre à nos yeux. Nous devons chausser nos lunettes de soleil tant la luminosité est intense. A nos pieds, la plaine du Rhin, le Sundgau, la Porte de Bourgogne, le Jura bâlois, alsacien, bernois et neuchâtelois. Dans le fond, l’immense et merveilleux front alpin qui, du Säntis au Mont Blanc, égrène ses perles sur 250 km de long, à 160/230 km de distance ! J'essaie de mettre un nom sur certains sommets : le Wetterhorn, le Schreckhorn, le Finsteraarhorn, l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau. Très vite, je déclare forfait. Nous nous contentons d’admirer cette succession de pics et d'arêtes. Je tente d’immortaliser cet instant magique avec mon appareil photo.


IMGP0932bis

Nous décidons de faire une pause à l’abri du vent, sous les rochers. Notre Dame du Rossberg, nichée dans une cavité de la roche, veille sur nous. Assis parterre, le dos appuyé contre la paroi rocheuse, nous ouvrons nos sacs à dos. On sort les sandwichs et la thermos. 

Trois autres touristes arrivent au sommet. Ils décident eux aussi, de « bivouaquer » sous le rocher, à l’abri du vent, profitant du soleil …et du panorama. Nous retiendrons qu’ils sont suisses, et que l’un d’eux s’appelle Adrien. Ils sont montés depuis le col du Hunsrück. Nous partageons ce moment de contemplation avec eux.

Notre équipée reprend une demi-heure plus tard. Nous prenons la direction du Belacker. Nous ne sommes pas tout seul à profiter de cette belle journée. D’autres marcheurs sillonnent le massif.

IMGP0922

Le sentier épouse les rondeurs de la ligne de crête. Nous marchons sous un ciel d’azur. Des avions sillonnent le baldaquin céleste en laissant dans leur sillage des trainées blanches. 
Sur notre droite, nous pouvons admirer la vallée de la Thur dominée par le Grand Ballon à la silhouette altière, coiffé de son radar réalisé par l’architecte Claude Vasconi. Il semble être fier d’être le plus haut sommet des Vosges.

IMGP0920

A sa droite, le massif du Molkenrain dont nous décryptons les détails. Cela nous permet de nous remémorer  notre récente randonnée automnale sur ses flancs.

IMGP0934

Nous passons au-dessus des Vogelsteine (alt. 1 181 m).  



IMGP0935

Nous abordons à présent une courte mais raide descente. Nous devons nous méfier des rochers rendus glissants par la neige et la glace. Nous arrivons à un col entre les Vogelsteine et le Bannberkopf. Nous profitons d’une belle vue sur le fond de la vallée de St Amarin.


IMGP0923bis

Nous bifurquons à gauche pour passer sous les rochers. Nous suivons un étroit sentier qui longe le flanc de la montagne.

IMGP0936

J’aperçois un peu plus haut une belle cascade. Elle m’attire. J’ai envie de m’en approcher. J’abandonne quelques instants mon ami sur l’étroit sentier, et m’engage en travers de la pente abrupte en assurant mes appuis. Parvenu au pied de la belle cascade, je l’admire, je l’écoute. Elle me parle. Elle me dis qu’elle n’est pas seulement jolie, mais qu’elle est surtout source de vie. Que ferions-nous sans eau ? Comment ne pas penser à ceux qui, à des milliers de kilomètres de là, manquent cruellement d’eau ? Comment ne pas songer au réchauffement de la planète et à ses conséquences ?


IMGP0940

Nous arrivons au premier surplomb. Nous prenons le chemin qui part sur notre gauche pour redescendre sur Wegscheid en passant par l’Engelberg.

Nous jetons un dernier regard en arrière vers le massif que nous venons de parcourir, puis nous nous engouffrons dans la forêt. Le décor est très sauvage. Nous descendons dans un vallon tout bruissant d’eaux vives.

IMGP0943

Tout en bas, entre le Pfaffenberg et le Kaltenrain, les ruisseaux se rejoignent.


IMGP0945

Il est 15 h 15 lorsque nous retrouvons notre voiture.
Après une si belle journée succédant à plusieurs jours de pluie, j'en suis venu à me demander laquelle de nos deux bonnes étoiles nous ont favorisés. Finalement, après mûre réflexion, je suis arrivé à la conclusion qu'une telle chance ne pouvait être que l'oeuvre de nos deux bonnes étoiles réunies.

 

  
« Il n'y pas de racines à nos pieds, ceux-ci sont faits pour se mouvoir »

                                                                                                                (David Le Breton) 

 








Par Les allumés du godillot - Publié dans : Marche et découvertes - Communauté : Marcheurs écrivains
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 17:38

Les précipitations de ces derniers jours ont recouvert les sommets vosgiens d’une bonne couche de neige poudreuse. Nous avons été tentés d'aller faire un tour sur les crêtes. Nous avons été bien inspirés puisque cette randonnée hivernale nous a permis d’en prendre plein les yeux.

 

 

                                                                          

 

Pour cette première sortie hivernale, notre duo s’est transformé en trio : mon fils Raphaël s’est joint à nous.

 

Une fois de plus, le beau temps est de la partie : quelle aubaine !

 

J’ai proposé à mes compagnons d’aller faire un tour sur les Hautes Chaumes, au fond de la vallée de Munster, dans le secteur du Lac du Forlet aussi appelé Lac des Truites. Ni l’un ni l’autre ne connaissait cette région des Hautes Vosges.

 

Nous voilà donc partis pour le Col du Wettstein (alt. 884 m) au-dessus de Soultzeren dans la vallée de Munster.

 

Pendant notre trajet automobile jusqu’au point de départ de notre randonnée, nous scrutons les sommets. Ils ont l’air bien enneigés.

 

Alors que nous nous engageons dans la vallée de Munster, la tension monte.

 

Après avoir passé Wihr au Val, nous apercevons la silhouette altière du Rothenbachkopf qui barre le fond de la vallée. Nous traversons Munster et prenons la direction du Col de la Schlucht. Après avoir traversé Soultzeren, nous bifurquons à droite en direction du Col du Wettstein. La route en lacets nous offre de beaux points de vue. Bientôt nous atteignons le col du Wettstein, point de départ de notre randonnée.

 

Il est 9 h 48 lorsque nous nous mettons en route. Un groupe de randonneurs nous précède.

Dès les premiers mètres, nous montons par un chemin forestier assez raide. Heureusement, nous arrivons rapidement sur un plateau.

 

   

Lorsque nous débouchons de la forêt, un magnifique panorama s’offre à nos yeux. La montagne a revêtu sa belle pelisse blanche. On distingue au loin le Hohneck flanqué du Petit Hohneck. On devine le cirque glaciaire du Frankenthal et le couloir du Falimont.

 

 

 

Au fond de la scène, les Alpes sont au rendez-vous, telles une armée en marche. 

 

 

Nous passons au-dessus du hameau des Hautes Huttes (alt. 987 m).

 

  
 

Nous longeons le flanc sud du Haufenwannkopf.

 

Le sentier est pentu et accidenté. La couche neigeuse est de plus en plus épaisse. Elle craque délicieusement sous nos pieds. Par endroits, la neige cache des rochers dont nous devons nous méfier car ils sont verglacés.

 

  

Nous dépassons le groupe de randonneurs qui nous précédait, non sans avoir échangé quelques civilités.

Nous parvenons au lieu-dit « Altenkray » (alt. 1 080 m).

 

 

 

Nous passons à côté de la ferme-auberge du Kreywasen.

 

 

De là, un large chemin forestier nous mène jusqu’au Lac des Truites qui est aussi appelé Lac du Forlet, déformation du mot allemand " Forelle " qui signifie " Truite ".

 

 

 

C’est le plus haut lac du massif vosgien avec ses 1 066m d'altitude. Il est situé dans un magnifique cirque glaciaire, dominé par les crêtes et les Hautes Chaumes.

 

 

Mes compagnons sont émerveillés. Nous regardons tout autour de nous.

 


Nous contournons le lac par la gauche. Des traces de gibier mènent à la forêt toute proche.

 

 

Au-dessus de nous, les falaises abruptes du Gazon de Faing semblent grignoter le ciel bleu.

 

 

Nous pénétrons dans un monde minéral enveloppé de blanc.

 

 

Je désigne à mes compagnons le couloir par lequel nous allons accéder à la crête.

 

 

Nous montons à la ferme-auberge du Forlet située au-dessus du lac. Nous croisons un jeune couple accompagné d’un jeune Labrador qui nous fait la fête. Ils nous demandent où nous allons. Raphaël leur indique que nous avons l’intention de monter sur la crête. Ils nous informent que le mauvais temps est annoncé pour cet après-midi. On verra bien.

 

 

Derrière la ferme-auberge, une passerelle en bois a été aménagée par le Club Vosgien.

 

 

Nous abordons à présent un chemin assez raide.

 

 

Par endroits, des marches sont aménagées. Il faut parfois lever le pied assez haut.

 

 

Nous prenons rapidement de l’altitude. Raphaël marque une pause et en profite pour boire. En montagne, la hâte n'est pas une vertu. Nous en profitons pour admirer le paysage qui s'étale à nos pieds, tel un livre ouvert.

 

 

Chacun de nous monte à son rythme, mais nous sommes animés de la même énergie, partageant le même plaisir de marcher dans l'immensité blanche, libres, tellement libres.   

 

 

Nous croisons une jeune femme qui vient du col de la Schlucht. Elle nous informe que la couche neigeuse est assez importante sur les crêtes.

 

 

Au fur et à mesure que nous montons, les arbres deviennent rares. Nous sommes poussés par le désir secret de découvrir les multiples aspects de la nature.

 

 

Nous débouchons à gauche de l’Altenkraehkopf  (alt. 1 277 m). 

Nos efforts sont récompensés par un panorama époustouflant.


Les efforts 
déployés pour surmonter les difficultés et arriver jusque là, ainsi que l'influence exercée par la montagne sur nous, c'est ce qui donne un sens profond à notre randonnée.

   

Nous rejoignons le sentier de grande randonnée GR 5 qui relie le Col de la Schlucht au Col du Calvaire.


 

Un vent glacial se met à souffler. C’est un vent tranchant, qui ne transporte aucune odeur, qui parle de steppe, de toundra, de vastes espaces blancs.

 

 

Nous suivons la ligne de crête en direction du Col de la Schlucht.

 

 

On a l’impression que la nature a retrouvé sa pureté originelle. 

 

 

Nous traversons la Réserve Naturelle du Tanet-Gazon de Faing pour atteindre le Soultzener Eck (alt. 1 302 m).

 

 

De là nous rejoignons les rochers du Taubenfelsen (alt. 1 299 m). C'est une enchevêtrement de rochers de granit qui surplombent le cirque glaciaire du Lac du Forlet.

 

 

Les blocs sont recouverts d’une bonne couche de neige fraîche. Nous essayons tout de même de grimper dessus. Raphaël est le premier à parvenir sur l’étroite plateforme. Il me tend la main et m’aide à m’y hisser. Jean Pierre suit. Quelle merveilleuse sensation que de parvenir ainsi au sommet d’une montagne, toute modestie gardée. Nous avons l’impression d’être seuls au monde.

 

 

Il est hors de question de s’arrêter là pour manger. Nous décidons de continuer jusqu’au Lac Vert pour nous mettre à l’abri. Jean-Pierre sort un sachet de fruits secs. Le sachet passe de main en main. Çà fait du bien. Nous nous extirpons prudemment du chaos de pierre. Chacun de nous en redescend à sa manière.

 

 

 

Nous continuons en direction du Gazon de Faîte (alt. 1 303 m).

 

 

Le vent souffle en petits tourbillons rageurs. Il fait courir sur la neige une fine pellicule de grésil formant ici et là des congères, ou s’accumulant derrière les obstacles, un arbre ou un piquet de clôture.

 

 

Il se calme par moments, puis reprend selon l'endroit où nous nous trouvons.

 

Le froid et la neige n’entravent pas notre marche, même si parfois ils la ralentissent.  

Comme les mécanismes d'acier et de fonte, celui de l'homme a ses règles inéluctables pour bien fonctionner et fournir à l'occasion un effort particulier. Plus notre corps est préparé en vue de ce que nous allons exiger de lui, moins grande sera la dépense d'énergie. Dès lors nous jouissons plus complètement de notre excursion, puisque la fatigue ne vient pas l'assombrir.  

 

 

 

Nous arrivons à une table d’orientation. Après avoir balayé d’un revers de la main la neige qui la recouvre, nous essayons d’identifier les paysages lointains. Nous avons un doute en ce qui concerne une ville que nous apercevons au loin (Saint-Dié ou pas ?...). Nous n’avons pas le temps de nous appesantir sur la question d’autant plus qu’il fait froid.

 

 

 

Nous prenons la mesure de notre place dans le monde.

 

  

Nous quittons la ligne de crête pour prendre la direction du sentier panoramique.

 

 

Le sentier est recouvert par la neige. Nous devons le deviner. Nous essayons de suivre des traces de pas qui doivent être celles de la jeune femme que nous avons croisée plus tôt. De temps en temps nos pieds s’enfoncent dans la neige jusqu’aux chevilles. Nous devons parfois franchir des congères. C’est assez fatiguant. Des raquettes seraient très utiles. 

 

 

Nous passons par le lieu-dit « Ringbuhl ».

 

Nous descendons au lieu-dit « Dreieck » (alt. 1 225 m) alors que des bancs de nuages commencent à envahir le ciel par l’ouest, signe de mauvais temps.

 

 

De là nous descendons au Lac Vert ou Lac de Soultzeren (alt. 1 053 m).

 

 

Le vent cesse brusquement. Nous sommes à présent à l’abri.

 

Le Lac Vert doit son nom à la couleur qu'il prend en été et qui est due à la prolifération de plantes aquatiques. C'est un lac naturel dont on a surélevé le niveau pour en faire une réserve d’eau.

 

Il est 13 h 30 lorsque nous arrivons au Lac Vert.

 

 

Nous contournons le lac pour aller nous installer près d’une cascade où nous décidons de faire une pause. Le petit banc qui fait face au lac est recouvert de neige. Là encore, nous balayons la neige d’un revers de la main. Mais le banc est mouillé. Raphaël ne craint pas de s’y asseoir étant donné qu’il a revêtu une combinaison. Jean-Pierre et moi préférons poser nos séants sur un rocher.

 

Le chant de la cascade accompagne notre repas frugal. Nous mordons dans nos sandwichs avec appétit. Chacun sort sa thermos, et pour cause. Il faut se réchauffer. Jean-Pierre va même jusqu’à s’en mettre un peu partout. C'est pas trop grave.

 

Nous repartons à 13 h 44. Nous traversons une petite passerelle en bois pour longer la rive du lac sous le Tanet.

Nous empruntons un petit sentier très escarpé.

 

 

Nous passons à côté d’une jolie cascade.

 

 

Parvenus au barrage, nous jetons un dernier regard sur ce site qui, en été, doit grouiller de monde. Aujourd’hui, par la magie de l’hiver, la nature semble endormie, figée. Le temps semble retenir son vol. Nous ne manquons pas de saisir cet instant.

 

 

Nous passons à droite du déversoir, et descendons en direction du Col du Wettstein.

 

Nous suivons un chemin forestier à flanc de montagne. C'est un chemin qui est monotone. Nous marchons un peu par automatisme. Pour rompre cette monotonie, nous échangeons des propos divers. Nous refaisons le monde en quelque sorte.

De temps à autres, de gros rochers surplombent notre chemin côté amont, alors que du côté aval, la pente est très abrupte.
Un véhicule tout terrain nous dépasse. A voir la tenue de ses occupants on peut aisément penser que ce ne sont pas des marcheurs.

 

Nous passons par le lieu-dit «  Stillenbach » (alt. 960 m). C'est un lieu qui est effectivement très isolé.

 

Nous passons au Rappenkopf (alt. 958 m).

Après être remontés sur quelques mètres le chemin forestier qui monte au Lac du Forlet, nous bifurquons à droite. Nous devons être très vigilants, car à mi-pente un sentier encombré dans son début, part sur notre gauche pour passer au-dessus du lieu-dit « Ebène ».  
 

 

Nous rejoignons par un petit escalier en bois un chemin forestier qui va nous mener au Col du Wettstein.  


Nous passons au  lieu-dit « Musmiss » où nous observons une ferme dont le propriétaire a fait une belle provision de bois pour l’hiver.

 

 

De là nous descendons en quelques enjambées jusqu’au parking du Col du Wettstein.

 

Notre randonnée s’achève à 15 h 39.

 

Nous reprenons le chemin du retour, heureux et comblés.

 

Alors que nous roulons, Raphaël s’endort sur la banquette arrière de la voiture. Jean-Pierre pense au bon bain chaud qui l’attend chez lui. Et moi je réfléchis à notre prochaine sortie.

 

J’ai vécu cette fois-ci encore avec mes compagnons des instants de pur bonheur qui, une fois passés, ne nous sont plus accessibles que par l’écriture.

 

 

  "L'extraordinaire ne se produit pas sur les chemins plats et habituels"          (Goethe)

 

 

Par Les allumés du godillot - Publié dans : Marche et découvertes - Communauté : Marcheurs écrivains
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 20:42

Une fois de plus, nous avons décidé de nous rendre en Franche Comté. Nos amis franc-comtois Eustache et Karine nous ont promis une randonnée riche en découvertes de sites naturels et historiques. Nous n'avons pas été déçus. Merci à eux !


                                                                                                                                                                                           
Lorsque nous prenons la route de St Hippolyte dans le Doubs, nous sommes enthousiastes. Après plusieurs jours de pluie, le soleil est revenu. Nous sommes bénis des dieux. Pourtant lorsque nous arrivons à St Hippolyte, nous sommes enveloppés d’un épais brouillard. En plus il fait froid.

Il est 9 h 30 lorsque nous quittons le parking situé au bord du Doubs. Nous montons vers l’ancienne gare aujourd’hui école maternelle. Nous repérons sur une pierre le balisage bleu et jaune que nous suivons jusqu’au carrefour du Moulin Neuf où se trouve un panneau d’information sur les sentiers pédestres de la région. Nous bifurquons à droite pour monter à la Chapelle du Mont. Pas de chance : le sentier qui y monte est condamné par arrêté municipal en raison du risque d’éboulements. Que faire ? Nous repérons un peu plus loin deux traits bleu et jaune sur un lampadaire ainsi que le marquage rouge et blanc propre aux sentiers de grande randonnée. Nous sommes rassurés.

Nous nous dirigeons vers le Camping des Grands Prés. Juste avant l’entrée du camping, un sentier bien fléché monte sur notre gauche. C’est le sentier de grande randonnée GR 5. Nous le suivons. Rapidement nous prenons de la hauteur. Le terrain est très glissant, boueux à souhait. Le bas de mon pantalon est vite maculé. Jean-Pierre a eu la bonne idée de mettre ses guêtres. Cela ne l’empêche pas de se retrouver sur les mains. Ce sont les joies de la glisse !

Alors que nous progressons difficilement, un voile diaphane persiste à vouloir nous envelopper. Cela nous irrite un peu. Et dire qu’en partant de chez nous le ciel était d’une grande pureté jusqu’à notre arrivée à St Hippolyte. Le bon dieu aurait-il changé d’avis à notre sujet ? J’en viens à regretter d’être venu par ici. Nous aurions mieux fait d’aller user nos semelles dans les Vosges ! En plus, on ne voit pas grand-chose dans ce sacré brouillard. Il est difficile de se repérer. Heureusement qu’il y a de temps en temps un trait de peinture sur une pierre ou sur un arbre. En voilà que nous ne pouvions pas rater !

Nous passons au lieu-dit « Les Seilles ». On distingue vaguement les formes d’une bâtisse dans la brume. Nous arrivons à un carrefour. Nous hésitons. Un panneau indique la direction de Montjoie-le-Château. Il n’y a aucune indication en ce qui concerne la Grotte du Bisontin où nous souhaitons aller. Apparemment nous ne sommes pas dans la bonne direction. Après un instant d’hésitation et après avoir consulté la carte, nous décidons de prendre la direction de Montjoie-le Château. Nous verrons bien où nous atterrirons. Nous progressons à flanc de coteau entre pâtures et forêt, dans un brouillard intense à couper au couteau qui semble vouloir s’accrocher à ce flanc de montagne. Nous parvenons à La Petite Roche. Nous apercevons un rocher recouvert de mousses et de lichens par-dessus lesquels les gouttelettes d’eau roulent comme la pluie sur un parapluie. Dommage que le soleil ne soit pas de la partie ! C’est surprenant comme relief.

Notre chemin s’élève à présent dans la forêt. Un coup d’œil vers le ciel nous laisse entrevoir l’astre du jour à peine voilé par quelques lambeaux de brume. Il n’est plus très loin. Nous reprenons espoir. En gagnant de l’altitude, nous devrions bientôt nous retrouver au-dessus de la mer de brouillard. Un ruisseau traverse notre chemin. Merci c’est sympa ! Un peu plus loin, nous passons à côté d’une vieille ferme aux volumes imposants. C’est semble-t-il la ferme de la Grosse Roche. Juste à côté, une cascade dévale la pente. Nous traversons un pré où subsistent des restes d’un feu de bois. Ce doit être un endroit superbe pour pique-niquer…quand il fait beau et que la vue est dégagée. 

Nous continuons à monter dans la forêt. Soudain nous découvrons au bord du chemin, un panneau qui nous informe que nous arrivons au Château de la Roche. Nous franchissons deux bornes gravées aux armes des Comtes de la Roche. Je regarde autour de moi et j’essaie de deviner à travers le brouillard une masse qui pourrait ressembler à un château. Point de château en vue. Alors que je lève les yeux vers le ciel, je crois deviner de gros nuages blancs. Cela voudrait-il dire que nous sommes sur le point d’émerger au-dessus de la nappe de brouillard ? Mais non !...ce ne sont pas des nuages. Nous sommes au pied d’imposantes falaises blanches. De gigantesques parois se dressent au-dessus de nos têtes. Nous en restons bouche bée. Cette soudaine apparition derrière le voile de brume, a quelque chose d’irréel.

 

Telle une belle femme qui laisse deviner ses charmes à travers une tenue vaporeuse, les ruines d’un ancien moulin se dressent devant nous.

Ce moulin était alimenté en eau par la cascade de la résurgence de La Tannerie, une rivière souterraine issue des entrailles de l’imposante falaise qui surplombe les lieux. Nous guettons le moment propice où le voile de brume se déchire, pour faire des photos.

Nous traversons prudemment la rivière sur un petit pont en bois très glissant. Puis nous continuons à monter dans la forêt. Nous arrivons à une croisée de deux chemins. Sur un arbre nous apercevons un panneau avec un blason d’azur à la croix d’argent et quatre anneaux d’or. Nous sommes au pied des vestiges du Château de la Roche.


Le sentier balisé continue tout droit ; un autre non balisé part sur notre gauche. Ce sentier très escarpé m’intrigue. J’ai envie de savoir où il mène. Tant pis si nous allons faire un petit détour. J’arrive facilement à convaincre mon compagnon d’aller voir. Un panneau met en garde contre les risques de chutes de pierre. Nous montons donc avec prudence. Brusquement, nous sentons un souffle d’air chaud. Le contraste est surprenant. De toute évidence nous entrons dans une zone où le soleil a déjà bien réchauffé l'atmosphère. Nous avons l’impression de passer au-dessus de la couche nuageuse. Et comme pour nous prouver que notre impression est la bonne, les falaises s’offrent à nous, fières, majestueuses. Nous en restons muets.

 

Le changement de décor est radical. Nous débordons de superlatifs. Nous sommes émerveillés comme des enfants qui ouvrent un paquet cadeau. Pour un cadeau c’est un sacré cadeau. Il est de taille. Au dépit succède l’enthousiasme.

Derrière nous, la vallée du Doubs noyée dans le brouillard.

C’est comme si nous avions quitté le monde des ténèbres pour accéder au monde de la lumière.

Du  bas du cirque rocheux nous parvient le bruit de la cascade de la résurgence que nous avons visitée tout à l’heure.

 

Nous continuons à monter, comme attirés par je ne sais quelle autre découverte.
 
Nous sommes bien inspirés puisqu’au bout de quelques lacets, une autre merveille nous attend.


Nous débouchons à l’aplomb d’un formidable porche de 15 mètres de large et 50 mètres de haut !

Nous pénétrons dans la grotte comme l'on entre dans une église, en silence, avec respect. 

La haute galerie se prolonge sur plus de 100 mètres sous la roche.

L’ambiance de cette grotte est très particulière. Sa luminosité lui donne une solennité qui ne nous laisse pas indifférents.

 Au fond à gauche, un boyau descendant conduit à la rivière souterraine.


Nous sommes subjugués par la grandeur de cette grotte.



Elle faisait partie du Château de la Roche qui était l’un des rares châteaux troglodytes de France Comté. Elle pouvait abriter une très importante population.

Le Château de la Roche a été édifié par les Comtes de la Roche entre les XIème et XIIème siècles. Situé à l’écart des routes, il servait essentiellement de refuge. Il a été rasé sur ordre de Louis XIV.

La grotte est un site classé. Elle constitue l’un des gisements paléolithique, archéologique et historique les plus importants de France Comté.  Elle contient des vestiges de la faune des périodes glaciaires, des traces d’occupation néolithique et gallo-romaine sous les aménagements médiévaux. 
  
Nous redescendons pour retrouver le sentier de grande randonnée que nous avons laissé tout à l'heure.

Nous montons dans la forêt pour finalement déboucher sur un grand pré d'où nous dominons la vallée du Doubs.

Nous montons jusqu'au lieu-dit « Les Baraques » (alt. 719 m).


De là nous gagnons le lieu-dit « Les Prés du Haut ».


   Il est 12 h 08 : nous décidons de faire une pause au-dessus des falaises des Sapois.


Nous nous installons confortablement sur des rochers au milieu de la pâture (on se demande comment ils sont arrivés ici). Nous sommes en face de la Grande Côte.

C’est un endroit qui me rappelle bien des souvenirs. J’y ai passé à plusieurs reprises avec ma chienne Patty, à l’occasion d’un raid pédestre à but humanitaire au profit de l’Ecole Alsacienne de Chiens Guides d’Aveugle.



Notre pause ne durera pas longtemps car le vent se lève et des bancs de nuages s’amoncellent dans le ciel.

Jean-Pierre met son anorak et s’envoie une rasade de chocolat chaud. Il m’en propose. Je décline son offre préférant accompagner mon casse-croûte d’un Château La Pompe.

Nous reprenons donc notre chemin au bout de 20 minutes.

Nous commençons à redescendre en direction des falaises. Très vite j’ai un doute quant à la pertinence de la direction que nous sommes en train de prendre. Nous devrions passer au-dessus des falaises et non en contrebas. Je sors la carte qui confirme que nous ne sommes pas dans la bonne direction. Nous remontons sur le plateau. Alors que nous nous engageons dans la forêt, nous trouvons un poteau indicateur qui git au sol. Il a été bien malmené puisque les flèches directionnelles sont cassées. Je le replace dans le bon sens ce qui nous permet de retrouver notre chemin. Il nous mène effectivement au-dessus des falaises.

Il nous offre de belles échappées sur la vallée du Doubs.


Avec prudence nous nous approchons du bord de la falaise. L’endroit n’est pas sécurisé.

 
Nous dominons le cirque rocheux de la Grotte de la Roche où nous étions précédemment.


Quelle superbe paroi ! Derrière une aiguille de calcaire nous devinons l’entrée de l’immense porche de la grotte. Nous percevons le bruit de la cascade.


Nous continuons de suivre le couronnement des falaises par un étroit chemin forestier en montagne russes.



Nous traversons les Bois de Vaubierge. Nous aboutissons sur la route de Montécheroux. Nous montons jusqu’au carrefour de Chamesol.

Là nous prenons un sentier qui redescend sur la gauche en direction de St Hippolyte par les Charrières. Mais arrivés au lieu-dit « Viaton », nous bifurquons à droite en direction de Liebvillers.

C’est un étroit sentier en sous-bois, sinueux, escarpé et en montagnes russes, qui nous conduit au-dessus des falaises de St Hippolyte.


Le danger est omniprésent. La prudence est de rigueur.

 

Nous longeons pendant un kilomètre et demi la falaise.

Nous profitons encore de quelques points de vue sur St Hippolyte et les plateaux environnants.


 

Nous suivons le couronnement des falaises. Le rebord de la falaise nous offre encore une surprise : nous passons au-dessus d’une arche naturelle. Ce doit être un ancien abri sous-roche qui s’est effondré dont il ne subsiste que le porche.


Je ne résiste pas à l’envie d’y descendre. Je repère un petit couloir par lequel il me semble facile d’atteindre l’arche.  Jean-Pierre n’est pas rassuré. Je suis curieux de savoir ce qu’il y a derrière. Jean-Pierre essaie de me dissuader d’y aller. Je descends prudemment, pas à pas, la pente raide jusqu’à une vire située de l’autre côté du porche au-dessus d’un à pic. Jean-Pierre me surveille d’en haut. Ma curiosité satisfaite, je remonte doucement en prenant appui sur mes bâtons de marche comme un alpiniste sur son piolet.


Allez, on se remet de ses émotions et on continue. Nous arrivons au bout des falaises.


Nous descendons par un sentier très escarpé. Là encore la prudence s’impose.

Au bas d’un rocher, au ras du sol, un petit gouffre nous tend un piège. Nous saurons l’éviter.

 

Nous longeons la clôture d’un parc à sangliers. Notre sentier continue par la droite le long de la falaise.

 

Puis, soudain, nous tombons nez à nez avec l’un des plus beaux sites naturels de Franche Comté  (pas moins) : la formidable arche naturelle des Baumes Berceau.

Elle est accompagnée de son abri sous-roche connu sous l’appellation « la Grotte du Bisontin ».

L’abri sous-roche est profond de 18 mètres et large de 7 mètres.

 

Il aurait été occupé à deux époques préhistoriques différentes, l’Aurignacien (- 25 000 ans) et le Magdalénien
(- 12 000 ans).

Quelques outils y ont été retrouvés (grattoir, couteau, aiguille en os, burin, perçoir).

   

Nous descendons le sentier abrupt pour rejoindre un chemin carrossable qui va nous mener à Noirçure.

Nous rencontrons deux chasseurs. Voyant nos bâtons de marche, ils nous demandent si nous avons fait du ski (?). No comment. Ils nous demandent d’où nous venons. Je leur réponds « de Mulhouse ». « Ah, d’où cet accent ! » me répondent-ils avec un fort accent franc-comtois. A chaque région le sien. C’est notre marque de fabrique. En tout cas, quand j’écris je n’ai pas d’accent ! Tout au plus j’en mets un sur les lettres quand il en faut un.

Après ce petit intermède, nous continuons notre route.

Nous traversons les pâtures sous les falaises jusqu’à Rosières.


Notre fin de parcours est un peu gâchée par les odeurs nauséabondes qui nous parviennent de l'usine d'éponges cellulosiques située en contrebas. On se demande comment les gens qui habitent ici arrivent à supporter cela.

Nous gagnons la Chapelle du Mont d’où nous pouvons apercevoir St Hippolyte lové au creux des vallées, à la confluence du Doubs et du Dessoubre. Nous faisons la connaissance d’un ancien garagiste de St Hippolyte, aujourd’hui à la retraite (il a 75 ans et bon pied bon œil puisqu’il va danser tous les dimanches). C’est un monsieur très sympathique qui entretient les abords de la chapelle alors que sa sœur s’occupe de l’intérieur. Il nous indique que lorsque St Hippolyte est dans le brouillard le matin, c’est signe de beau temps. Je lui demande de bien vouloir passer le bonjour à mon ami Michel Tüscher, maire de la commune voisine de Soulce Cernay, qu’il connaît bien.


Un petit sentier bucolique nous ramène au Moulin Neuf. De là nous suivons la route jusqu’à notre point de départ.

Il est 16 h 30 lorsque s’achève notre randonnée.

En définitive, nous avons effectué ce parcours dans le sens contraire à celui que nous avions prévu initialement. C'est tant mieux, car nous n'aurions pas voulu nous retrouver au bord des falaises en plein brouillard. De plus, la montée est moins raide dans ce sens. 

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à la Fruitière du Lomont pour nous approvisionner en spécialités franc-comtoises (solides ...et liquides comme il se doit !). 

   

Comme l’écrit Yves Paccalet dans « Le bonheur en marchant » : « J'ignore si ma vie a un sens ; mais ma marche a un but : mettre un pied devant l’autre ; et recommencer jusqu’à ce que joie s’ensuive ».       

    

 


Par Les allumés du godillot - Publié dans : Marche et découvertes - Communauté : Marcheurs écrivains
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 20:36

Mon compagnon de route habituel étant malade, je me suis résigné à partir tout seul car je n’ai pas pu résister à l’appel de la nature. De plus, la météo s’annonçait excellente. J’ai donc jeté mon dévolu sur un endroit des Vosges reculé et secret, exigeant mais oh combien accueillant : la Haute Vallée du Rahin, au cœur des Vosges Saônoises.


Vall-e-du-RahinP0696bis.jpg



Lorsque j’ai ouvert les volets ce matin, j’ai constaté avec enthousiasme que le ciel était d'un bleu d’azur ; il n’y avait pas un seul nuage à l’horizon. Au-delà des monts du Jura, les Alpes bernoises dressaient leurs formes blanches tel un accord de harpes qui s’élève d’un orchestre caché dans le fond du théâtre. Toutes les conditions étaient réunies pour que je puisse partir à la découverte des joies qu’offre avec largesse la nature.

Me voici donc parti pour Plancher les Mines dans la vallée glaciaire de Saint Antoine.

Après avoir garé ma voiture au-dessus de Plancher les Mines, je m'équipe rapidement, veillant à bien caler mon sac à dos sur mes hanches (merci Jean-Pierre pour le conseil). Je suis en proie à une certaine fébrilité. Il est exactement 9 h 37 lorsque je me mets en route. Je pénètre dans la Réserve Naturelle Nationale des Ballons Comtois.

Vall-e-du-RahinP0693.jpg

Dès les premiers pas, je suis au diapason de la nature.

Vall-e-du-RahinP0629bis.jpg

C’est le Rahin qui donne le ton. Je remonte son cours.

L’eau sera ma compagne tout au long de cette journée. Elle sera omniprésente, presque obsédante.

Vall-e-du-RahinP0678.jpg

Je passe à côté de la cascade du Crémillot.

Vall-e-du-RahinP0687.jpg


J’arrive au Refuge Mérique. Des agents de l’ONF m’indiquent qu’il a été fermé suite à des dégradations (c’est navrant !).


Vall-e-du-RahinP0692.JPG

De là je monte en quelques enjambées à la cascade de la Goutte des Saules toute proche.

Vall-e-du-RahinP0633.jpg

J’ai lu un jour que l’on appelle ici les ruisseaux des « gouttes ». Quand on voit l’énergie qui se dégage de cette cascade on peut trouver cela paradoxal.

Vall-e-du-RahinP0638.jpg

Je remonte le Sentier des Cascades.

Vall-e-du-RahinP0639.JPG

Le spectacle me procure une bonne montée d’adrénaline.

Vall-e-du-RahinP0636.jpg

Je suis hypnotisé par ces flots tumultueux qui se précipitent dans le vide dans un grondement assourdissant. Certes, ce ne sont pas les chutes du Niagara, mais c’est tout de même grandiose.

Vall-e-du-RahinP0646.jpg

Certaines portions du sentier sont sécurisées par un garde-corps. La montée est physique car le sentier est très rocheux. Les jambes ont du mal à se mettre dans le rythme, mais çà vient tout doucement au fur et à mesure que je monte.
Vall-e-du-RahinP0634.JPG

Tout au long de la montée, les flots impétueux sautent de roche en roche. Leur tempo me fait penser à l'Allegro de la Water Music de Georg  Friedrich Haendel.

Vall-e-du-RahinP0640.jpg

A la sortie de cette grimpette, je débouche sur le sentier de liaison qui doit me mener au sentier de grande randonnée GR 59.  
J’emprunte la route forestière du Haut Drion.

Vall-e-du-RahinP0653.JPG

Brusquement, plus de Water Music. Les cascades se sont tues. En réalité, mon chemin passe dans un vallon où il n'y a pas de ruisseau. Seul le ruissellement de l'eau sur les rochers me rappelle la présence de l'élément liquide.

Vall-e-du-RahinP0651.JPG

La trève n'est que de courte durée. Je traverse une zone d’éboulis au milieu de laquelle une modeste cascade a creusé son lit. 
 

Vall-e-du-RahinP0654.jpg

Je gagne une zone de quiétude pour la faune sauvage. C’est un site Natura 2000 répertorié pour la rareté et la fragilité des espèces sauvages, tel de Grand Tétras. Des panneaux apposés sur les arbres rappellent que dans cette zone  « tout acte de chasse est interdit ».

Vall-e-du-RahinP0655.JPG

Je suis le chemin de la Goutte Jean-Pierrre (si si, c’est bien son nom !). J’aboutis à la côte 1 041. De là je monte sur le Plateau de Bravouse (alt. 1 122 m) par un étroit sentier caillouteux.

Vall-e-du-RahinP0657.jpg

Parvenu au sommet, mon chemin devient spongieux. Le sol est humide. L’eau stagne en de nombreuses petites mares qu’il me faut enjamber ou contourner.

Vall-e-du-RahinP0658.JPG


Je longe un périmètre non autorisé où se trouve une tourbière à la végétation si particulière.

Vall-e-du-RahinP0659.JPG

Je redescends par le Chemin de la Fontaine Marianne. C’est un chemin forestier absolument sublime. Un silence absolu m’entoure. 

Vall-e-du-RahinP0661.jpg

Profitant d’une vue dégagée sur le Ballon de Servance qui est devant moi, je constate que je ne suis pas encore arrivé. Il reste encore un petit bout de chemin à faire. Il est près de midi ; c’est l’heure à laquelle je voulais être au sommet. Il va donc falloir que j’accélère. Je change donc de braquet comme disent les cyclistes. Je n’ai pas le choix car il faut que je sois redescendu pour 16 h 30 étant donné que la nuit tombe à 17 heures.

Vall-e-du-RahinP0660.JPG


Il est 13 heures lorsque je débouche sur les chaumes du Ballon de Servance (alt. 1 216 m).

Vall-e-du-RahinP0663.JPG

Je contourne le terrain militaire dédié à la surveillance aérienne.

Vall-e-du-RahinP0662.JPG


Les sorbiers colorent magnifiquement le paysage.

Vall-e-du-RahinP0664.JPG


Je gagne le refuge Sailley où je décide de faire une pause. C’est un petit chalet en bois magnifiquement bien situé, mais hélas, malmené par des « touristes » peu scrupuleux.

Vall-e-du-RahinP0666.JPG


Je délace mes chaussures et donne un peu de fraîcheur à mes pieds qui en ont bien besoin après le train d’enfer que je leur ai imposé entre le Plateau de Bravouse et le Ballon de Servance.

Je me régale avec les sandwichs que m’a préparé ma femme (merci Nelly ), le tout arrosé d’un excellent Château La Pompe.

Je sors mes jumelles et scrute l’horizon. J’en profite pour admirer le Ballon d’Alsace avec sur son flanc la Jumenterie. Sur la gauche, le Rouge Gazon et le massif du Rossberg derrière lequel émerge le Grand Ballon.


Vall-e-du-RahinP0665.JPG

Il est temps pour moi d’entamer la descente : il est 13 h 30.

Je descends au Col du Luthier (alt. 1 100 m).

Vall-e-du-RahinP0667.jpg


De là je suis le Chemin du Luthier. C’est un très joli sentier sauvage qui descend en longeant le flanc de la montagne d’où jaillissent de nombreuses petites cascades. Leur clapotis m’accompagne. 


Vall-e-du-RahinP0669.jpg

Après avoir passé par le Col du Beurey, j’arrive au Col du Stalon (alt. 958 m).

La source du Rahin est toute proche.

Vall-e-du-RahinP0670.jpg


Je descend dans la vallée du Rahin par la route forestière du Stalon qui se faufile entre le Droit de St Antoine et l’Envers de St Antoine. La Vallée du Rahin est la plus sauvage, la plus pittoresque des réserves naturelles de la région.

Vall-e-du-RahinP0671.JPG

J’arrive au refuge forestier de la Vieille Hutte construit en 1936 près duquel on a retrouvé des traces de l’activité d’une importante verrerie.

Vall-e-du-RahinP0674.JPG

A proximité se trouve un pont en pierre qui enjambe le Rahin.

Vall-e-du-RahinP0675.jpg


J’aboutis à la route départementale qui relie Plancher les Mines au Ballon de Servance.


Vall-e-du-RahinP0676.jpg

Je la suis jusqu’à l’aire du Pont Piron.

Vall-e-du-RahinP0679.JPG

Là, j’emprunte un étroit sentier qui longe le Rahin.

Vall-e-du-RahinP0684.JPG

La lumière rasante du soleil qui décline, habille la nature de couleurs chaudes.

Vall-e-du-RahinP0682.JPG

Par endroits de petits ruisseaux traversent le chemin. J’ai parfois l’impression de marcher dans le lit d’un ruisseau.

Vall-e-du-RahinP0628bis.jpg

J’arrive au Plain Janvier.

Vall-e-du-RahinP0685.JPG


Je décide de regagner Plancher les Mines par le Chemin de la Goutte des Saules afin d’éviter d’avoir à marcher sur la route et pour rester au soleil car le fond de la cuvette et déjà dans l’ombre. Pour cela je dois puiser dans mes réserves car le chemin monte allègrement.

Vall-e-du-RahinP0686.jpg


Je redescends par le Sentier des Cascades.

Vall-e-du-RahinP0689.jpg

La descente est plus délicate que la montée. Les balustrades sont une aide précieuse car les rochers sont humides et glissants.

Vall-e-du-RahinP0691.JPG


Parvenu au Refuge Mérique, je suis le cours du Rahin. Par endroits le chemin est pavé de grosses pierres moussues sur lesquelles il faut avancer prudemment pour éviter de glisser (ce serait trop bête de tomber si près de l’arrivée ).

Vall-e-du-RahinP0694.jpg


Il est 16 h 30 lorsque je retrouve ma voiture. Je dois avouer que je suis un peu « rincé » mais oh combien heureux d’avoir découvert ces sites enchanteurs marqués par l’omniprésence de l’eau. « Cascades et ruisseaux » pourrait être le titre de cet article.

 

 

 

Par Les allumés du godillot - Publié dans : Marche et découvertes - Communauté : Marcheurs écrivains
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 18:49

Pour cette nouvelle escapade nous avions prévu de monter jusqu’à la chaume du Rouge Gazon (alt. 1.071 m) depuis le vallon du Bruckenbach (alt. 535 m) situé à 1,200 km à la sortie du village d’Urbès en direction du col de Bussang. Bien que les prévisions météo pour cette journée ne fussent pas très bonnes, nous avons décidé de partir. Après tout, un randonneur digne de ce nom ne craint pas d’affronter les éléments. Nous voilà donc partis. 


IMGP0593

 

Alors que nous faisons route vers la vallée de Thann, des lambeaux de ciel bleu parsèment un ciel chargé de pluie, comme des fenêtres sur un ciel d’azur. Les rayons du soleil se mêlent à la pluie ce qui provoque un arc en ciel du plus bel effet.

IMGP0623

Nous formons le vœu que l’astre du jour gagne la partie et parvienne à s’imposer. Mais lorsque nous bifurquons à gauche pour prendre la direction d’Urbès, la vue sur le col de Bussang n’est pas très engageante.

Lorsque nous garons notre voiture, le ciel gris se referme entièrement. Des nappes de brouillard lèchent les sommets. En plus, il ne fait pas très chaud. On se dit que ce n’est pas très réjouissant tout çà ! Mais après tout, on en a vu d’autres. Çà y est, il commence à pleuvoir : une pluie fine qui en découragerait plus d’un, mais pas nous. Nous chaussons nos brodequins, nous enfilons nos anoraks et enfonçons nos chapeaux aux larges bords sur nos têtes Jean-Pierre met ses guêtres, et nous voilà partis, les bâtons de marche à la main, car le terrain risque d’être glissant par endroits. Il est exactement 9 h 30.

Nous remontons le Bruckenbach. Notre chemin monte régulièrement. Tout autour de nous, l’image de la nature est triste. Les couleurs flamboyantes de l’automne se sont estompées. Le chemin est jonché de feuilles mortes. Le ruisseau aux flots bouillonnants tient la vedette. Sa voix tonitruante emplit le fond du vallon qui lui sert de caisse de résonnance. Il nous accompagne dans notre ascension. C’est le ténor de la montagne. De toutes parts des ruisseaux qui viennent de mille sources cachées, dévalent la pente et s’empressent de rejoindre le Bruckenbach : l’union fait la force.

IMGP0569

Nous sommes étonnés de voir autant d’eau. La semaine dernière, lorsque nous étions au Molkenrain, tous les ruisseaux étaient à sec ou presque. Là c’est tout le contraire : il y a de l’eau à profusion. Il en sort de partout, fils d'argent capricieux. Il semblerait que la pluie de ces deux derniers jours ait renversé la situation. C’est l’occasion de nous rappeler qu’au commencement il y a le nuage, puis vient la pluie qui gonfle les ruisseaux. La pluie réveille les ruisseaux pourrait-on dire. En somme, c’est une histoire d’eau.

IMGP0570

A 800 mètres au-dessus de notre point de départ, nous trouvons un sentier qui vient de notre gauche et qui traverse le ruisseau : c’est le sentier du Darain.
Nous continuons tout droit.

Un peu plus haut, nous laissons sur la droite le chemin qui monte à la Chaume des Neufs Bois. Nous optons pour le chemin direct qui monte au Rouge Gazon. Après 1 kilomètre de marche, nous quittons le vallon du Bruckenbach pour bifurquer sur la droite et prendre la direction de la Cuisine du Diable.  

IMGP0577


Le large chemin forestier devient à présent un étroit sentier qui monte en zigzag. Au début la pente n’est pas trop raide.

IMGP0583

Mais brusquement les choses changent. Le chemin devient abrupt. Le dénivelé est de plus de 20 %. Chacun de nous doit adapter son pas et son rythme. Nous sentons notre coeur battre, mais quel spectacle ! Lacet après lacet nous gagnons de la hauteur. En cette arrière saison, la forêt a une atmosphère particulière, une lumière spécifique, un clair obscur. La nature est un état d’âme. Nous montons en silence, presque recueillis.

IMGP0582


Nous arrivons sous une barre rocheuse. Nous nous trouvons sous la Tête du Rouge Gazon (alt. 1.186 m).

Alors que nous nous arrêtons pour faire des photos, Jean-Pierre aperçoit un peu plus haut, deux chamois. Nous nous faisons discrets et observons leurs évolutions. Ils passent derrière un éperon rocheux. Nous croyons les avoir perdus de vue, mais voilà qu’ils descendent vers nous en se coursant comme deux gamins qui s’amusent. Nous armons nos appareils photos et attendons qu’ils passent devant l’objectif, le doigt sur le déclencheur. Pas de chance : ils disparaissent aussi vite qu’ils sont venus, étonnants d’agilité dans ce relief accidenté. Tant pis, nous n’aurons pas pu immortaliser cet instant fugitif. Il ne nous reste que les mots pour le raconter.

Remis de nos émotions, nous reprenons notre ascension, car c’en est une, attentifs à ce qui pourrait ressembler à nos deux compères.

Il est 10 h 30 lorsque nous atteignons la Cuisine du Diable (alt. 970 m). Cette grotte serait le vestige d’une ancienne mine (comment ont-ils fait pour monter jusque là ?...).

IMGP0584


Le sentier devient alpin. Nous passons sous une brèche d’où dégringole une cascade.

IMGP0592


La cascade traverse le petit sentier. Nous devons être prudents car la pente est abrupte et le terrain est glissant.

Nous poursuivons notre ascension. Par intermittences, des lambeaux de brouillard nous enveloppent. Alors que nous approchons de la crête, les branches tremblent sous l’effet du vent. Nous nous rappelons la Fable du Chêne et du Roseau. Nous sentons un courant d’air froid comme si quelqu’un venait d’ouvrir une fenêtre.

IMGP0587

Finalement nous débouchons au col. A ce moment, un violent vent glacial nous frappe. Notre témérité nous pousse jusqu’à un point de vue d’où nous profitons d’une brève éclaircie sur la vallée de St Amarin. Nous sommes à 1.150 mètres d’altitude. Nous ne nous attardons pas. Nous prenons rapidement la poudre d’escampette. 

IMGP0595

Le nom « Rouge Gazon » viendrait des combats sanglants qui eurent lieu ici à la fin du XVIIème siècle, combats auxquels aurait pris part le Général Turenne.

Le brouillard semble livrer un combat acharné pour envelopper la Tête des Perches, tel un linceul qui virevolte au gré du vent.

IMGP0596

Nous mettons le cap sur le restaurant la Chaume du Rouge Gazon (alt. 1.086 m). Une odeur de soupe caresse les narines de Jean-Pierre. Ah, une bonne soupe bien chaude. On s’y croit déjà. Nous traversons le parking balayé par le vent, et nous nous engouffrons dans le sas d’entrée du restaurant. Malheureusement pour nous, la porte est fermée pour congés annuel. Le mot de Cambronne nous échappe.

IMGP0598


Nous cherchons à nous mettre à l’abri sous un appentis, mais un ouvrier occupé à préparer les pistes de ski pour l’hiver nous explique que ce n’est pas possible car c’est un lieu privé (?).

Nous poursuivons donc notre route en direction de la Chaume des Neufs Bois. Nous contournons la Tête du Rouge Gazon. Nous laissons le Col des Mineurs (alt. 1.076 m) sur notre gauche et piquons sur la droite pour nous mettre à l’abri du vent dans la forêt.

IMGP0599


Nous passons près d’un petit lac serti dans son écrin de verdure. Nous laissons à droite le chemin qui longe le flanc est de la Tête des Neufs Bois (alt. 1.231 m), et montons à la Chaume des Neufs Bois (alt. 1.006 m).


IMGP0600

Alors que nous nous retrouvons à découvert, exposés au vent violent comme des fétus de paille, une violente bourrasque de grésil nous oblige à chercher refuge sous le porche d’une bergerie en ruines. Çà fait mal aux yeux ces petits globules blancs quand on les prend en pleine figure ! Nous en profitons pour changer de couvre-chef (dans ces conditions, le bonnet de laine est plus adapté), et pour mettre nos gants de laine. Puis nous rejoignons le Sentier des Crêtes. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce sentier ne suit pas la crête (dieu merci !), mais longe le versant ouest de la Tête des Neufs Bois. C’est un sentier qui longe à altitude constante le flanc ouest de La Large Tête (alt. 1.179 m). Sur notre gauche le Haut de Taye (alt. 1.161 m) nous protège du vent.

Bientôt nous arrivons à la croisée de plusieurs chemins. Nous optons pour celui de droite qui doit nous mener au Col de Bussang. Très vite nous arrivons au Kiosque du Sotré (alt. 1.050 m). Nous en sommes alors à 48% de notre parcours. Il nous reste un peu plus de 9 km à parcourir.

IMGP0603


Le Kiosque du Sotré est un abri octogonal en bois, très confortable, fermé de tous les côtés, et qui offre une belle vue sur le Larcenaire. Nous nous mettons à l’abri et nous nous reposons un peu. Nous mordons à belles dents dans nos sandwichs. La marche çà creuse.

IMGP0605

Puis nous reprenons notre chemin en direction du Col de Bussang. Nous rejoignons le Chemin Colin qui vient de Bussang. De là nous gagnons le Col des Allemands (alt. 915 m). Il y a là, au détour de notre chemin, un enchevêtrement de ruisseaux qui dévalent la pente. Ils semblent courir les uns après les autres. C'est à celui qui arrivera le premier dans la vallée.

IMGP0606

Nous arrivons au Chalet de l’Union. 

IMGP0608

C’est un beau chalet rustique dans lequel il est possible de faire du feu (contrairement au Kiosque du Sotré où nous étions précédemment.

IMGP0607

A quelques mètres de ce chalet se trouve une source : c’est la source François-Josée captée le 26.07.1962 comme l’indique une plaque apposée sur un arbre.

IMGP0609


Nous continuons à suivre le Chemin Colin pour contourner la Tête des Allemands (alt. 1.014 m). En face, La Broche (alt 878 m) fait le dos rond.

IMGP0610


Nous passons à côté de la source de la Moselle et débouchons au Col de Bussang . Nous suivons la route sur quelques mètres puis nous descendons sur notre gauche jusqu’à l’Hôtel du Col et longeons les carrières.

IMGP0611

Jean-Pierre me rapporte que cet hôtel était très prisé par Maurice Pottecher qui venait souvent y déjeuner. Maurice Pottecher était le second fils d’une famille de tisserands, une activité prospère mais qui ne lui convenait pas. Écrivain et poète, il a écrit des pièces à caractère social pour le Théâtre du Peuple qu'il a fondé à Bussang en 1895 et qui existe toujours, employant comme comédiens les ouvriers et ouvrières de la manufacture dirigé par son frère. Il est enterré aux côtés de sa compagne dans le parc du Théâtre.


Nous gagnons le lieu-dit Carbinet (alt. 710 m). C’est à la fois impressionnant et désolant de voir ainsi la montagne dynamitée, rognée et défigurée par l’homme.
Nous descendons dans la forêt par un chemin très raide. C’est le ravin du Maehrelrunz. La forêt profonde cache une petite maisonnette. Il règne là une atmosphère singulière.

IMGP0612

Nous sommes en contrebas de la route d’accès au col de Bussang. Un camion semble avoir perdu son chargement de pneus usagés (ou alors ...).


Nous sommes obligés de faire le grand écart pour enjamber un ruisseau qui s'est mis en tête de squatter notre chemin.

IMGP0613

Nous passons à côté des étangs de pêche du Maehrel (alt. 555 m). 

IMGP0614


Nous arrivons au refuge « Tatry » de l’Union des Eclaireurs d’origine polonaise en contrebas duquel se trouve une belle chute que nous ne manquons pas de photographier. 
Le nom du refuge amuse mon compagnon.

IMGP0615

Arrivés au bas du Chemin du Maehrel, nous descendons la Rue de la Scierie. Je constate que Jean-Pierre n'attire pas que les chevaux !

IMGP0618

Nous poussons jusqu’aux vestiges d'un viaduc. L’ouvrage est impressionnant. On avait en effet projeté de percer à Urbès un tunnel ferroviaire afin de relier la vallée de Thann à Bussang.

IMGP0616


Puis nous m
ontons jusqu’à l’entrée de l’ancien tunnel. Commencés en 1932, les travaux sont arrêtés en 1938 alors que la moitié du tunnel est percée. En 1944, les occupants lui trouvèrent un intérêt stratégique et y installèrent un camp de travail pour y produire des pièces détachées d'avions pour le compte de Daimler-Benz. Près de 1.000 déportés d'origines diverses y ont travaillé dans d'effroyables conditions, et une cinquantaine y ont laissé leur vie. Ce camp fut une annexe de Dachau et du Struthof. Les nazis édifièrent un barrage à 1.860 m de l'entrée pour capter les eaux de ruissellement. Aujourd'hui, cette importante réserve d'eau potable alimente une grande partie des communes de la Communauté de communes de la Vallée de Saint Amarin.

IMGP0620


Nous montons par un étroit sentier vers la route qui mène au col. Il ne nous reste plus qu’à traverser le petit pont métallique qui enjambe les flots tumultueux du Bruckenbach et à gagner le parking où nous avons garé notre voiture.


 IMGP0622

Il est 16 h lorsque nous arrivons au terme de notre randonnée somme toute assez difficile, dans un massif sauvage à souhait          

Par Les allumés du godillot - Publié dans : Marche et découvertes - Communauté : Marcheurs écrivains
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus